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La cage et le labyrinthe: s'évader de la religion de la croissance
Notre difficulté à changer de cap, à sortir d’une société tout entière focalisée sur l’augmentation de la production et de la consommation, résulte d’une interaction entre une évolution des comportements dans le chef de l’individu et des réponses à ces comportements qui se présentent à l’échelle sociétale. Cette interaction définit la nature de la cage dans laquelle nous sommes enfermés. Cet article défend l’idée que c’est en misant sur la notion d’autonomie, aussi bien à l’échelle de l’individu que de la société – c’est-à-dire sur la capacité du sujet individuel comme de la collectivité à redéfinir, de manière réflexive, les fins que l’on se donne –, que l’on peut espérer trouver une voie de sortie. L’exercice de cette autonomie passe aussi par l’expérimentation sociale : car si, au sein d’une petite fraction de l’opinion, les impasses liées à la poursuite de la croissance économique commencent à être reconnues, les moyens de sortir de ces impasses demeurent vagues et contestés. Ceci ne doit pas être vu comme un problème, mais plutôt comme une promesse. L’on ne sort de la cage qu’en acceptant que la question de la transition suppose une pluralité de solutions, une sociodiversité par conséquent, que peut favoriser une société qui encourage les innovations sociales. Nous sommes dans une cage sans doute, mais non pas prisonniers d’un labyrinthe qui n’autoriserait qu’une voie de sortie : c’est à partir de cette double caractéristique que l’on peut réfléchir les dispositifs de gouvernance à instituer pour préparer une société d’après-croissance.
De Schutter, O. (2016). La cage et le labyrinthe: s’évader de la religion de la croissance. Revue interdisciplinaire d’études juridiques, 77(2), 113-130. https://hdl.handle.net/2078.5/117788 (Original work published 2016)