The fertility decline in the industrial area of Charleroi during the second half of the 19th century : Did sedentaries and migrants have a different behaviour?
La natalité des cités industrielles, pourtant très élevée durant une grande partie du XIXe siècle, accuse un recul net et décisif à partir de 1872-1875. L’objectif de cette contribution est de comparer les stratégies de reproduction adoptées par les couples de sédentaires et de migrants, dans le contexte de la crise industrielle du dernier quart du XIXe siècle. Quel est le niveau de la fécondité de ces deux sous-populations avant, pendant et après la crise industrielle? Qui sont les précurseurs du déclin irréversible de la fécondité: les sédentaires ou les migrants? Et lorsque le déclin survint, les stratégies de limitation des naissances (contraception d’arrêt ou comportement d’espacement, par exemple) furent-elles identiques parmi les deux populations ? Les principaux résultats de cette analyse, basée sur la reconstitution de la vie génésique de plus de 2.000 familles, sont les suivants : – Les différences entre sédentaires et migrants sont relativement faibles. Néanmoins, l’accumulation d’indices convergents semble démontrer que ce sont les couples de sédentaires de la génération 1833-1842 qui se sont engagés les premiers dans la voie du contrôle volontaire des naissances. – Mais, l’élément essentiel est que la limitation volontaire des naissances se développe sans ambiguïté et avec une intensité comparable, tant chez les sédentaires que chez les migrants, avec les générations nées après 1843, celles dont la vie génésique se déroule en grande partie durant la dépression économique. Les cités industrielles de la région de Charleroi constituent un milieu socioprofessionnel particulièrement homogène. Migrants ou autochtones sont globalement soumis au même environnement, aux mêmes contraintes socioéconomiques et aux mêmes événements conjoncturels. Il est donc relativement logique que les réponses démographiques à ceux-ci soient identiques et appliquées sans grand délai chez les uns comme chez les autres. – Pour les migrants comme pour les sédentaires, la diminution de la fécondité légitime procède avant tout d’une contraception d’arrêt. Entre les générations la plus ancienne et la plus récente, l’âge moyen à la dernière maternité à chuté de 39 à 32 ans.
Eggerickx, T. (2001). The fertility decline in the industrial area of Charleroi during the second half of the 19th century : Did sedentaries and migrants have a different behaviour? Revue Belge d’Histoire Contemporaine, 31(3-4), 403-429. https://hdl.handle.net/2078.5/149607 (Original work published 2001)