Suite à la lecture des travaux pratiquement inédits en Occident du philologue russe Leonid Aleksandrovič Gindin (1925-1994), nous avons proposé de remettre en perspective la question posée par l’étymologie du nom de Troie. Cette étude rappelle d’abord les données du problème, à savoir, essentiellement, le rapport des noms grecs de la cité, Τροίη, et de ses habitants, les Tρῶες, au nom hittite Tarṷisa, et évalue ensuite les différentes hypothèses qui ont été avancées pour expliquer cette relation. Celles-ci ont pris des sens divers : les essais de reconstitution d’une racine commune aux deux noms se sont accompagnés, en effet, de tentatives visant à relier le nom de la cité à un groupe ou à une langue plus précisément, comme les Thraces ou les Étrusques. En mettant en évidence les difficultés de concilier toutes les occurrences du nom et les insuffisances des étymologies présentées, cette recherche montre aussi l’intérêt du nord-ouest de l’Anatolie dans l’étude des contacts et des migrations des peuples entre l’Europe et l’Asie depuis l’âge du bronze.
Fontaine, E. (2016). De Τροίη à Taruisa : Regard critique sur les hypothèses d’une étymologie commune. Les études classiques, 84 (2016), 3-18. https://hdl.handle.net/2078.5/47192 (Original work published 2016)