Contexte : Le test de marche de 6 minutes (6MWT) est un test de terrain validé et couramment utilisé en clinique (Figure 1). Il a été, pendant longtemps, réservé à l’adulte mais depuis une dizaine d’années, il est de plus en plus utilisé chez les enfants. Chez ce type de patients, l’évaluation de la tolérance à l’exercice ne constitue pas une tâche facile. En effet, elle est très dépendante de la compréhension, la motivation, ainsi que, de la condition physique. Nous savons que, pour les adultes, le niveau d’encouragement fourni par le superviseur du test sur les sujets le réalisant peut avoir un effet important sur leur performance modifiant, ainsi, les résultats. Pour les enfants, aucune étude n’a jusqu’à présent relevé le sujet. Le but de cette étude, qui est un essai randomisé contrôlé, est donc d’évaluer l’effet d’encouragement prodigué par l’examinateur sur les divers résultats du test de marche de 6 minutes réalisé chez des enfants sains en comparaison à l’encouragement standardisé décrit par l’ATS. Matériel et méthode : Cinquante-trois enfants (30 filles et 23 garçons) en bonne santé, âgés de 6 à 12 ans ont participé à ce test d’une manière volontaire. Chaque enfant a été comparé à lui-même en réalisant le 6MWT 2 fois avec une semaine d’intervalle sous un ordre aléatoire avec/sans encouragement. Les données anthropométriques, fréquence cardiaque, saturation pulsée en O2, dyspnée et la distance de six minutes de marche (6MWD) sont évaluées de manière prospective en utilisant des protocoles normalisés. Correspondant le plus aux caractéristiques de cet échantillon, l’équation de Geiger a été donc utilisée afin de prédire la 6MWD théorique de chaque enfant. Résultats : Les analyses statistiques montrent que l’encouragement apporté par l’examinateur augmente la 6MWD d’une moyenne de 41,43 m (p < 0,001). Elle passe de 75 à 83 % de la valeur prédite selon l’équation de Geiger. L’effet de l’encouragement sur la fréquence cardiaque est appréciable en post-test, ainsi, qu’en période de récupération (p = 0,002) mais pas en début du test (p = 0,073). Il n’existe pas de différence significative quant à l’effet positif de l’encouragement ni entre les sexes ni entre les différentes tranches d’âge (p = 0,107 et p = 0,920 respectivement). Pour l’impact de l’ordre de répartition de l’encouragement entre les 2 6MWT, l’augmentation de la 6MWD est plus marquée chez le groupe réalisant le 6MWT d’abord sans et puis avec encouragement. Conclusion : La corrélation retrouvée entre l’encouragement prodigué par l’examinateur et les évènements mesurés suite au test prouve un effet positif de l’encouragement sur les diverses variables prises en compte en particulier la 6MWD. Chez les enfants sains âgés de 6 à 12 ans, cet effet est indépendant de leur sexe ou de leur âge. Ainsi en pédiatrie, l’évaluation de la capacité physique et de la réponse à l’effort à une intensité sous maximale en utilisant le 6MWT sont, donc, optimalisées par le recours à l’encouragement.
Boudabous, M., & Reychler, G. (2016). Évaluation de l’encouragement sur le test de marche de six minutes chez les enfants sains. Kinésithérapie : la revue, 16, 21-22. https://doi.org/10.1016/j.kine.2016.09.023 (Original work published 2016)