La pensée « Femmes et développement » : Critique des fondements et pistes pour reconstruire un point de vue féministe croisé Nord/Sud

(2011) Femmes, économie et développement. Entre résistance et justice sociale — ISBN: [978-2-7492-1298-2], p. 63-84, published

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Résumé de l’article Les années 1960, marquées par la guerre froide et par la lutte entre blocs pour la domination des pays anciennement colonisés, voient apparaître les premières critiques à l’égard des théories du développement. Il s’agissait dans un premier temps de critiques « internes » dans la mesure où elles ne remettaient pas fondamentalement en question le paradigme de la modernisation qui leur était sous-jacent. Dans les années 1970, ces critiques se gonflent d’un autre courant, qui vise le manque d’intérêt porté à la place des femmes et aux conséquences pour elles des politiques de développement. On assiste alors sur le plan international à l’émergence d’un sujet « femmes du Sud », théorisé à partir d’une représentation des femmes décrites comme insuffisamment insérées dans le processus de modernisation. C’est cet intérêt pour les femmes du Sud, ce qu’il a inspiré comme théories, puis les critiques qui leur furent adressées, dont traite cet article. Il s’inscrit dans la réflexion pour une nouvelle conceptualisation des rapports entre « femmes » et « développement ». Les guillemets apposés à ces termes indiquent que ces notions sont problématiques. L’objectif, à travers une revue des différents courants « femmes et développement », est bien de montrer en quoi elles le sont et comment certaines réflexions faites au sein du féminisme peuvent contribuer, aujourd’hui, à un renouvellement de ces catégories de pensée. Le courant Women in Development (WID), initié par la réflexion de l’économiste danoise Ester Boserup (1919-1999), fait l’objet d’un examen critique. Par son ampleur, ce courant a marqué les théories du développement. Il est donc utile d’en rappeler les soubassements dont certains aspects marquent encore aujourd’hui la pensée sur les femmes dans les pays de la périphérie. Ses limites, pointées au sein même de la pensée féministe, sont abordées dans un deuxième temps ainsi que son renouvellement, à travers des versions plus critiques de l’articulation « femmes » et « développement» comme Gender and Development (GAD) ou Women, Environment and Development (WED). Dans une troisième partie, l’article présente le courant du local feminism qui constitue une rupture fondamentale par rapport à la tradition de pensée issue de WID. La conclusion de l’article fait le point sur la contribution de quelques autres pensées critiques contemporaines à la reconstruction d’une pensée alternative sur le développement, plus que nécessaire aujourd’hui. Cette reconstruction ne doit pas simplement être une version plus favorable aux femmes de la modernisation de type capitaliste, mais doit prendre au contraire appui sur l’idée de « reproduction » comme source du développement.
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Degavre, F. (2011). La pensée « Femmes et développement » : Critique des fondements et pistes pour reconstruire un point de vue féministe croisé Nord/Sud. In Guérin Isabelle, Hersent Madeleine, Fraisse Laurent (dir.) (ed.), Femmes, économie et développement. Entre résistance et justice sociale (p. p. 63-84). ERES/IRD. https://hdl.handle.net/2078.5/219659