La tentation mémorialiste de Marguerite Duras

(2010) Le sens du passé — Location: Paris, Louvain-la-Neuve

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À travers le journalisme et d’autres opérations médiatiques, Duras s’est appropriée des genres réputés non littéraires (ou non noblement littéraires) pour les muer en fragments de mémoires qui, dans l’ensemble de son œuvre, finissent par occuper une place essentielle. Seront ainsi soumis à l’analyse Outside, Le Monde extérieur, La Vie matérielle et surtout L’Été 80. La dernière partie de la carrière littéraire de Marguerite Duras (1980-1996) se livre comme une immense activité de mémorialiste et, en même temps, comme une réflexion d’ordre poétique sur la possibilité de mener cette activité. À cette fin, il s’avérera nécessaire de s’interroger sur la manière dont l’œuvre entière tend à cet aboutissement, Duras ayant tout particulièrement veillé, dans les seize dernières années de sa vie, à construire un sens du passé, son sens du passé. « L’histoire de ma vie n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne », affirme Duras par l’intermédiaire de la narratrice de L’Amant, publié quatre ans après L’Été 80. Sous ces mots, ne peut-on pressentir le souci du divers que recèle le pluriel du substantif « mémoires », un divers rassemblé et assumé (en son hétérogénéité) non sous la bannière d’une pensée collective mais d’une écriture individuelle et singulière ? Cartographier les points de jonction entre fiction, actualité et autobiographie, y inclure le devenir comme inquiétude et comme attente, telle est la forme que prend, chez Marguerite Duras, la tentation mémorialiste.
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Citations

Meurée, C. (2010). La tentation mémorialiste de Marguerite Duras. Le sens du passé, Paris, Louvain-la-Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/229319