(fr) La globalisation a entraîné depuis une trentaine d’années une complexification des itinéraires migratoires et des profils des migrants. Aujourd’hui, beaucoup de migrants ne se contentent plus de migrer d’un pays à l’autre en vue de s’y installer pour un long-terme et de s’y intégrer, mais décident de prolonger leur mobilité par des pratiques circulatoires ou une mobilité plus fluide, au gré des opportunités de travail et de vie qui s’offrent à eux. De ce fait, l’intensification et la complexification des mobilités et les productions sociales et géographiques qui en découlent viennent aujourd’hui re-poser différemment la question de la citoyenneté pour les migrants. Nous avons exploré cette problématique à partir d’une étude de cas : les pratiques de citoyenneté d’une population particulière constituée de migrants qualifiés engagés volontairement et librement dans une grande mobilité géographique (ils ont habité au minimum trois pays différents) et qui vivaient et travaillaient à Bruxelles au moment de la recherche. Sur base d’une réflexion autour de la triade mobilité-subjectivité-citoyenneté, nous avons pu donner sens aux pratiques de citoyenneté de cette population. Cette recherche met à jour un désintérêt de notre population de recherche pour les dimensions classiques de la citoyenneté (formelles, politiques et substantives) en même temps que l’émergence d’une forme de citoyenneté éthique révélant un déplacement de la citoyenneté d’une échelle nationale vers une échelle locale, et de l’espace public vers la sphère privée.
Giraud, C. (2017). Mobilités, subjectivités et citoyennetés dans la ville globale : le cas des personnes mobiles hautement qualifiées à Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/176147