A bien des égards, la notion de « prévention » appliquée aux politiques et dispositifs de prévention (du mal-être, de la délinquance) à l’égard des mineurs condense les ambiguïtés et les ambivalences des politiques publiques menées par les différents gouvernements « arc-en-ciel », et leurs prédécesseurs dès le début des années 90. C’est que, en deçà même des référents idéologiques et politiques qui l’inspirent, et au delà des pratiques qu’elle recouvre, la « prévention » est l’enjeu de disputes de territoires entre les différents niveaux de compétences d’un Etat fédéral communautarisé et régionalisé et où, par ailleurs, les Communes disposent de prérogatives importantes. Tenter d’y voir clair implique de reconstituer le « puzzle » des politiques de prévention menées aux différents niveaux de compétence pour en dégager les continuités et les ruptures. Passant en revue les dispositifs promus depuis 1999, par le niveau fédéral (justice et intérieur), la Communauté française et les Régions Wallonne et Bruxelloise, et généralement mis en œuvre au niveau communal, la présente contribution ne peut pour autant prétendre à l’exhaustivité. Première vue d’ensemble.
Franssen, A. (2003). Les politiques de prévention: ambivalences d’une notion dans une nation hybride. In Dan KAMINSKI et Peter GORIS (Eds) (ed.), Prevention et politique de sécurité Arc-en-Ciel (p. p. 171-190). https://hdl.handle.net/2078.5/179976