(fr) Cette thèse relève d’une tentative de radicalisation du discours sur l’émancipation situé dans la conjoncture sociale de la Moldavie d’après la chute de l’Union Soviétique. Ce sont les ouvrages de Michel Foucault qui ont été le point de repère central pour nous orienter dans cette démarche. L’usage des instruments théoriques forgés par Foucault dans Les mots et les choses et dans L’archéologie du savoir s’avère important pour mieux comprendre les conditions d’existence archéologique du savoir sur la langue dans son rapport avec le pouvoir politique. Dans cette thèse, l’analyse du discours sur l’émancipation ne s’épuise pas sur le niveau du savoir sur la langue en tant qu’il est l’effet historique d’une pratique discursive. Elle se situe simultanément sur le niveau de l’action des sujets. Sur ce point, la généalogie foucaldienne du pouvoir ouvre un champ nouveau d’analyse dans la mesure où elle ne se contente pas de problématiser le fonctionnement des institutions dans une société donnée. Ce champ nouveau consiste dans l’analyse du pouvoir en tant qu’action sur l’action des autres. L’émancipation, selon cette perspective, consiste dans la création des concepts comme tout autant de réponses à la singularité des blocages qui empêchent le déploiement de l’action sur l’action des autres. En thématisant la nature du lien que l’on peut établir entre l’archéologie et la généalogie, l’effort de cette thèse consiste à la fois dans l’approfondissement du discours sur l’émancipation dans la Moldavie Soviétique et dans une nouvelle interprétation de l’œuvre foucaldienne.