L’objectif de ce chapitre est d’analyser les origines de la crise financière de 2008 et leurs impacts sur les finances publiques et les modes de financement des systèmes sociaux en Europe. Le rôle de la mobilité internationale des capitaux est mis en avant, à la fois comme un facteur fragilisant le financement des prestations sociales étatiques et accroissant la volatilité des marchés financiers et monétaires, renforçant ainsi les bulles spéculatives financières. Ce chapitre débute par l’analyse du contexte économique et géopolitique menant à la mise en place des « États providences » en Europe entre la crise des années 1930 et la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à une époque où les mouvements internationaux de capitaux sont très fortement régulés par les États. Il examine ensuite la libéralisation des mouvements de capitaux internationaux réalisée par le capital financier au cours des années 1960- 1970 pour échapper à la pression fiscale et à la régulation économique des États de façon à restaurer son taux de profit. L’analyse aborde alors les conséquences de cette dérégulation financière internationale sur le financement des systèmes sociaux comme sur les rapports de force entre travail et capital qui se traduisent par un affaiblissement des couvertures sociales en Europe à partir des années 1980. Il aborde finalement l’impact de la crise sur les finances publiques et sur ces systèmes sociaux déjà affaiblis en exposant les différences entre les différents États membres.
Defraigne, J.-C. (2013). La mobilité internationale des capitaux, les origines de la crise de 2008 et leur impact sur les modèles sociaux européens. In Defraigne, Jean-Christophe, De Meulemeester Jean-Luc, Duez Denis, Vanderborght Yannick (ed.), Les modèles sociaux en Europe: quel avenir face à la crise (p. p. 1-55). Bruylant. https://hdl.handle.net/2078.5/201251