Des outils d'aide à la décision : les indicateurs de condition de vie et de mixité socio-démographique des communes et des quartiers en Belgique

(2010) Cahiers de démographie locale — Vol. 2, p. 115-158 (2009)

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Malgré l’efficacité de son système de protection sociale, les progrès éducatifs et sanitaires réalisés au cours de ces dernières décennies, la prise de conscience et des mesures politiques spécifiques, la Belgique, à l’instar des autres pays occidentaux, n’a en rien éradiqué les inégalités et les différences sociales. Celles-ci auraient même tendance à s’accroître. De plus, comme le démontrent certains de nos travaux, cette évolution se double d’un processus de ségrégation sociale de plus en plus marqué des espaces de vie. Pour mettre en évidence ces phénomènes, nous avons élaboré un certain nombre d’outils. Il s’agit tout d’abord du baromètre des conditions de vie des communes de Belgique. Construit sur le principe de l’indicateur du développement humain (IDH), il se compose d’environ 40 indicateurs répartis en 4 dimensions : socio-économique, logement, environnement et service. Ses objectifs sont, d’une part, d’identifier les différences et inégalités des conditions de vie au sein de l’univers communal belge, et d’autre part, de favoriser la prise de conscience et la réflexion afin de mener une politique d’organisation du territoire qui valorise la diversité et le contact entre les individus et les groupes. Le principal résultat de cet indicateur est de souligner l’opposition très nette entre les agglomérations urbaines, qui cumulent les problèmes sociaux, économiques et environnementaux et les espaces périurbains, où les conditions de vie sont les plus favorables. Néanmoins, cet indicateur ne rend pas compte du coût social et économique des plus ou moins bonnes conditions de vie. Ainsi, le très mauvais classement des villes ne doit en rien occulter leur rôle social, ne serait-ce qu’en termes de mixité et d’accueil des plus défavorisés. A contrario, les milieux périurbains, socio-économiquement de plus en plus privilégiés, assurent de moins en moins cette fonction, compte tenu notamment d’un coût de l’immobilier et du foncier de plus en plus élevé et de la faiblesse, volontaire ou non, de leur parc de logements locatifs et de logements sociaux. En d’autres termes, l’inégalité des conditions de vie entre les villes et les espaces périurbains traduit également une opposition entre des espaces de mixité et des espaces plus homogènes, entre des espaces d’ouverture et des espaces de fermeture Ce coût social des bonnes conditions de vie peut être mesuré par un indice d’hétérogénéité qui compare la distribution communale de variables caractérisant les logements et de variables sociodémographiques au référent régional. Cette mesure, qui nécessitera des développements méthodologiques ultérieurs, confirme cependant le caractère très sélectif des espaces périurbains et l’hétérogénéité sociodémographique des espaces les plus fortement urbanisés. Au-delà de l’opposition se dessine en filigrane une notion de complémentarité entre ces espaces, dans le cadre du cycle de vie des individus et des ménages. Mais cette complémentarité n’est soutenable à terme que si le coût social des bonnes conditions de vie est supporté de manière solidaire, notamment par des transferts financiers des communes périurbaines vers les villes.
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Citations

Sanderson, J.-P., & Eggerickx, T. (2010). Des outils d’aide à la décision : les indicateurs de condition de vie et de mixité socio-démographique des communes et des quartiers en Belgique. Cahiers de démographie locale, 2, 115-158. https://hdl.handle.net/2078.5/92326 (Original work published 2009)