(fr) Ayant longtemps fait office de parent pauvre dans l’historiographie des mouvements précurseurs de « l’art moderne » en Belgique, par comparaison avec d’autres courants artistiques contemporains comme le symbolisme ou l’Art nouveau, le néo-impressionnisme a pourtant représenté une occasion remarquable pour une poignée d’artistes, tels Alfred-William Finch, Théo Van Rysselberghe, Henry Van de Velde, Georges Lemmen, Anna Boch, Jan Toorop ou encore Georges Morren, de transformer radicalement les manières habituelles de voir et d’exprimer. En s’intéressant aux différentes phases de l’internationalisation du néo-impressionnisme, sous l’angle des « transferts culturels », nous avons cherché à éclairer les supports et les logiques de son émergence en Belgique entre 1886 et 1894, aussi courte que spectaculaire. Et ce dans l’idée d’établir une synthèse mettant en perspective aussi bien l’originalité de la contribution esthétique des différentes personnalités qui s’y engagèrent, que le rôle crucial joué par toute une série d’intermédiaires dans la pérennisation et le développement européen de ce mouvement d’avant-garde. Le champ artistique parisien étant véritablement cadenassé vers 1886 par les figures de l’impressionnisme, nous avons scruté dans cette thèse les différentes stratégies de création, d’exposition et de discours ayant été utilisées par les néo-impressionnistes français, regroupés autour de Georges Seurat jusque 1891, et leurs médiateurs afin de s’imposer rapidement comme « plus modernes que les modernes par excellence ». Avec pour principal partenaire à Bruxelles le groupe des XX dirigé par Octave Maus. En corrélation avec ce processus de décryptage des nombreux enjeux liés aux manifestations vingtistes, nous avons également choisi de nous concentrer sur les dynamiques ayant mené à l’apparition presque concomitante d’une « chapelle pointilliste » à Bruxelles. Emmenés par Finch, puis repris en mains par Van Rysselberghe, les néo-impressionnistes actifs en Belgique procédèrent en effet dès 1889-1890 à un réel essaimage de leurs oeuvres à l’étranger, que ce soit à Paris (par l’entremise des Indépendants) ou aux Pays-Bas, via les expositions du Panorama d’Amsterdam et du Haagsche Kunstkring de La Haye. Et ces derniers de déplacer les lignes d’un transfert longtemps cantonné dans une dynamique binaire vers des horizons multipolaires, y compris à Anvers
Delobbe, B. (2017). L’horizon international des néo-impressionnistes en Belgique (1886-1894) : production, diffusion et réception. https://hdl.handle.net/2078.5/94174