(fr) L’exposition à la lumière, et en particulier à la lumière du jour, a beaucoup à offrir. En ce qui concerne les occupants des bâtiments, il a été démontré que la lumière du jour accroît les performances, améliore le sommeil, assure une connexion avec l’extérieur, augmente le confort, diminue l’agitation et réduit la dépression. En ce qui concerne les bâtiments, la lumière du jour met en valeur l’esthétique d’un espace et améliore son efficacité énergétique. Cela n’est valide qu’à une condition cependant : qu’elle ne produise pas d’inconfort visuel. Afin de récolter les bénéfices de la lumière du jour, l’inconfort visuel doit être minimisé. Par conséquent, l’éblouissement d’inconfort causé par la lumière du jour devrait être prévisible. À ce jour, plus de vingt modèles d’éblouissement d’inconfort dû à la lumière du jour ont été développés. Cependant, aucun d’entre eux ne peut expliquer de manière cohérente et précise la grande variation de la perception de l’éblouissement d’inconfort d’un sujet à l’autre. L’amélioration des modèles actuels permettant de prédire la perception de l’éblouissement d’inconfort demeure une étape cruciale afin d’avancer vers une conception optimale de l’éclairage naturel dans les bâtiments. Dans ce contexte, nous émettons l’hypothèse que la prédiction de la perception de l’éblouissement d’inconfort peut être améliorée en incluant dans les modèles des facteurs additionnels pertinents liés au contexte ou au sujet. La principale question de recherche à laquelle cette étude cherche à répondre est de déterminer si l’un de ces facteurs, à savoir le contexte socio-environnemental du sujet, influence la perception de l’éblouissement d’inconfort par la lumière du jour dans les immeubles de bureaux. Le contexte socio-environnemental est défini ici comme le climat et l’habitat, en ce compris l’intérieur et l’extérieur, auxquels un sujet s’est acclimaté, son comportement envers ces éléments, et ses attentes à leur égard. Deux questions de recherche supplémentaires visent à étudier d’autres facteurs potentiellement influents, ainsi que d’éventuels biais expérimentaux, afin d’orienter la recherche future dans ce domaine. À cette fin, une étude de terrain a été menée dans des immeubles de bureaux situés dans quatre contextes socio-environnementaux différents, à savoir au Chili, en Belgique, au Japon et en Suisse. Les évaluations de la perception de l’éblouissement d’inconfort, consistant chacune en une évaluation subjective de l’éblouissement d’inconfort causé par la lumière du jour et en la mesure du stimulus visuel, ont été collectées aux bureaux des 401 sujets qui ont participé à l’étude. Les données brutes ont été traitées pour en tirer les informations nécessaires et nettoyées selon des règles spécifiques pour en assurer la qualité. Différentes analyses statistiques ont été effectuées sur les données traitées et nettoyées pour répondre à la principale question de recherche. Aucune différence statistiquement significative de la sensibilité à l’éblouissement d’inconfort dû à la lumière du jour n’a pu être observée entre les sujets acclimatés aux contextes chilien, belge, japonais et suisse. Les résultats ne montrent donc aucune preuve d’une influence du contexte socio-environnemental sur la perception de l’éblouissement d’inconfort par la lumière du jour dans les immeubles de bureaux. De plus, l’influence de plusieurs autres facteurs sur la perception de l’éblouissement d’inconfort dû à la lumière du jour dans les immeubles de bureaux a également été testée et les données ont été analysées plus en détails par rapport aux potentiels biais expérimentaux afin de répondre aux deux questions de recherche supplémentaires. Un effet statistiquement significatif a été constaté pour trois facteurs, à savoir la sensibilité à l’éblouissement auto-évaluée, l’attrait de la vue à travers la fenêtre et la température de l’air intérieur. Une hypothèse peut être émise à partir de ces résultats : ces facteurs pourraient influencer la perception de l’éblouissement d’inconfort. Des analyses additionnelles suggèrent que deux biais expérimentaux, à savoir les échelles d’évaluation de l’éblouissement et le type d’étude, pourraient influencer les résultats des études sur la perception de l’éblouissement d’inconfort. Toutefois, comme cette étude n’a pas été spécifiquement conçue pour répondre à ces deux questions de recherche supplémentaires, et compte tenu de ses limitations, aucune conclusion ne peut être tirée de ces dernières observations. Les hypothèses émises peuvent toutefois servir à orienter l’élaboration d’études futures. En conclusion, cette recherche ne fournit aucune preuve que l’éblouissement d’inconfort causé par la lumière du jour est perçu différemment dans différents contextes socio-environnementaux. Les efforts de recherche sur la perception de l’éblouissement d’inconfort dû à la lumière du jour devraient donc se concentrer sur l’amélioration des modèles de prédiction en examinant d’autres facteurs potentiels, tels que les facteurs physiologiques et environnementaux. Enfin, les études futures devraient également viser à valider des méthodes fiables pour l’étude de l’éblouissement d’inconfort, ainsi qu’à élaborer un cadre méthodologique homogénéisé pour promouvoir la reproductibilité des études et la comparabilité des résultats.