Beaucoup d’écrits sur le développement rural au Rwanda proposent une vision dualiste qui semble distinguer d’un côté les tenants de la « modernisation agraire » et de l’autre ses opposants. Très peu d’entre elles traitent des effets de cette modernisation sur les projets de vie des paysans ou encore sur leurs subjectivités. Cet article s’inscrit dans une telle approche en étudiant la relation entre les projets de gouvernementalité et les subjectivités que produisent des projets d’amélioration de la production agricole à l’ouest du Rwanda. En cadrant son analyse dans une perspective historique, l’article veut comprendre la production des subjectivités dans des contextes marqués par des formes de pouvoir gouvernemental au niveau global, d’abord développementaliste et ensuite néolibéral. L’article met l’accent sur les manières dont ces différents projets politiques dessinés progressivement au sein de plusieurs institutions internationales ont affecté les sujets ruraux en influençant, via l’Etat, leurs projets de vie. Un tel constat permet de montrer que la production des subjectivités s’inscrit dans des contextes spatiaux et temporels des paysans, ce qui confirme l’idée selon laquelle les subjectivités sont des productions socio-historiques.
Nyenyezi Bisoka, A., Nziza, F., Ansoms, A., & et al. (2018). Gouvernementalité et production des subjectivités dans les projets agricoles à l’ouest du Rwanda. In An Ansoms, Aymar Nyenyezi Bisoka, Stef Vandeginste (ed.), Conjoncture de l’Afrique centrale (Cahiers africains et l’Harmattan, p. p. 351). L’Harmattan. https://hdl.handle.net/2078.5/220058