La volonté de comprendre le comportement des électeurs en fonction de leur genre, de leur profession, de leur lieu de résidence, de leur confession, etc. a toujours fait l’objet d’études statistiques et d’analyses sociopolitiques. Le vote des citoyens de confession musulmane, une minorité ethnoculturelle et religieuse dans les pays européens,suscite également l’intérêt depuis plusieurs années et cela pour plusieurs raisons.Tout d’abord,l’intérêt pour l’électorat musulman ne cesse de croître en raison de l’augmentation du nombre de citoyens de confession musulmane (acquisition de la nationalité, conversion, naissance, etc.), sachant toutefois que leur présence parfois non négligeable dans certains centres urbains est quelquefois indûment associée à une surestimation quantitative de la population musulmane par l’opinion publique. Ensuite,l’affirmation plus importante de l’identité religieuse chez des personnes issues de l’immigration arabo-musulmane suscite l’interrogation dans un contexte sécularisé. Enfin, l’actualité internationale et nationale actuelle,dramatique, provoque de nombreuses craintes. Pour rappel, la campagne des élections présidentielles française de 2017se déroule sous l’état d’urgence, dans le prolongement de deux années qui ont été particulièrement marquées par une série d’attentats sans précédents, commis au nom de l’islam, notamment à Paris, à Nice ou encore à Saint-Etienne du Rouvray qui ont fait 238morts, mais aussi encore à deux jours du scrutin par l’assassinat d’un policier sur l'avenue des Champs-Élysées.
Dassetto, F., El Makrini, N., Maréchal, B., & et al. (2017). Quels votes « musulmans » au premier tour des élections présidentielles françaises ? (Dossiers documentaires Cismodoc). https://hdl.handle.net/2078.5/217150