Dans cet article, on essaye de montrer que ce que retient Benjamin de sa lecture du premier chapitre de la Théologie politique, c’est avant tout et essentiellement le primat méthodologique que celui-ci attribue à l’exception. Et c’est un tel primat méthodologique de l’exception que Benjamin endosse jusque dans les thèses sur l’histoire, mais pour le retourner contre Schmitt lui-même. Faire advenir le véritable état d’exception, c’est pour Benjamin généraliser le primat méthodologique de l’exception. L’exception devient alors le levier de l’histoire révolutionnaire : elle permet le retournement ironique des forces théologico-politiques modernes que sont le marxisme orthodoxe, la théodicée, le progressisme ou le souverainisme.
Landenne, Q. (2018). L’exception comme heuristique pour l’historien révolutionnaire. Phantasia, 7(1), 126. https://hdl.handle.net/2078.5/171737 (Original work published 2018)