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Labyrinthique, désordonnée, la médina de Marrakech est souvent présentée comme exemple d’une structure urbaine et spatiale de type spontané. Les villes qui se seraient formées de façon quasi naturelle sont généralement appelées «spontanées » par opposition aux villes «créées », implantations volontaires réalisées suivant les règles d’un urbanisme planifié. Dans ce sens Marrakech est évidemment à classer parmi les villes spontanées dont elle rassemble presque tous les critères : des quartiers nés de la juxtaposition de cellules d’habitat le long de cheminements qui convergent vers le centre des activités, le marché (le souk) et la mosquée. Pourtant, et c’est là l’objet de ce travail, il est possible à travers l’analyse du tissu urbain d’aujourd’hui de mettre en évidence certains principes, certaines «règles » qui ont présidé à la création et à l’évolution de la ville. Marrakech serait en fait le résultat de la superposition de plusieurs ordres, géométriques ou non, répondant à des logiques spatiales, sociales et culturelles différentes. Le parcellaire des quartiers, le plan même de la ville et de ses remparts, semblent ainsi marqués tant par des hésitations historiques quant à l’orientation correcte de la prière et par l’évolution des systèmes d’alimentation et de distribution de l’eau, que par la cohabitation de différents modes de structuration des espaces, qu’elles soient de traditions tribales et nomades ou plus nettement orientales et citadines. La première partie de cet ouvrage propose une analyse morphologique de la médina, d’abord abordée dans son site et dans sa forme générale puis, autour de certains sujets : les populations, l’habitat, les quartiers, les fonctions urbaines, avant d’aborder des angles d’analyse plus précis sur : l’orientation sacrée, l’eau et le tracé des remparts. La seconde partie qui pourrait s’intituler «morphogenèse de Marrakech » reprend ces thèmes dans une perspective historique, en suivant les principales dynasties qui ont marqué l’évolution de la ville. La troisième partie, quant à elle, tente d’élargir le cadre de l’analyse, et de dégager des thèmes susceptibles d’aider à la compréhension des villes arabo-musulmanes traditionnelles : - L’importance de l’eau. Toute l’organisation urbaine dépend des moyens d’approvisionnement et de distribution de l’eau. Fontaines et bassins occupent ainsi une place essentielle et symbolique dans l’organisation des espaces. - Le souci de la géométrie. La beauté naît de la mise en ordre de la nature, perçue comme fondamentalement hostile à l’homme. - Le jardin clos, image du paradis et modèle architectural. Le riyad, jardin de tradition orientale qui répond à un schéma très précis (quatre parterres encadrant une fontaine), a servi de modèle pour la création des espaces privés (la maison, le palais) et publics (la mosquée, l’école, la ville) - La privatisation et la sacralisation des espaces par le mur, l’enclos et par le marquage du centre. - Le respect de la qibla (l’orientation sacrée vers le centre du monde musulman, La Mecque) tant pour les mosquées et pour le parcellaire des quartiers, que pour la ville elle-même .
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Citations

Wilbaux, Q. (2000). L’ordre caché de Marrakech. EHESS. https://hdl.handle.net/2078.5/232526