Principaux résultats : Bien que nous ayons exclu de cette étude les patients les moins valides (AVC, ...), nous avons pu objectiver qu'un tiers (30%) de cette population présente des caractéristiques de fragilité que l'on peut mettre en évidence dès l'admission. Ces principales caractéristiques sont le besoin d'aide dans les activités de la vie journalière (AVJ) tant pour les AVJ de base que pour les AVJ instrumentales. Aux urgences, un nombre important de personnes présentait un déclin cognitif et cela d'autant plus que ces personnes proviennent de maisons de repos. Un score faible au Mini Mental State peut également traduire une confusion aiguë. La présence de ce syndrome n'a pas été établie comme telle dans notre travail. Notre population présentait par contre d'autres grands syndromes gériatriques : un déficit visuel (19%), un déficit auditif (24%). Plus du tiers de notre cohorte a présenté au moins une chute dans l'année précédant l'admission à l'hôpital. Les troubles de la continence étaient rapportés par un tiers des personnes. La comorbidité et la polymédication qui lui est associée étaient universelles dans cet échantillon. Nos données confirment que cette population âgée étaient très médicalisée car 25% de notre cohorte avait déjà été hospitalisée dans les trois mois précédents et près d'un quart allait être à nouveau hospitalisé dans les trois mois qui suivent la sortie de cette hospitalisation index. Les durées de séjour atteignaient près de deux semaines en moyenne pour notre cohorte, même après exclusion de ces calculs des patients admis en gériatrie Nous avons pu suivre ces personnes au long et après le séjour hospitalier. Les décès intrahospitaliers ont concerné 4,6% de la cohorte, il est probable que notre critère excluant les patients avec pathologie terminale a entraîné une diminution du nombre des décès auxquels on pouvait s'attendre. Notre cohorte était bien à risque de réadmissions (23%) et d'institutionnalisations (8,4%). Ces trois évènements ainsi que les facteurs qui y sont associés ont été analysés (analyses uni et multivariée). Trois mois après la sortie de l'hôpital, soit après une période qui permet habituellement une récupération, 30% des personnes incluses dans l'étude n'avaient pas récupéré leurs capacités habituelles pour les AVJ (selon l'échelle de Katz), c'est ce que nous définissons comme le déclin fonctionnel. L'élément central de ce travail était l'élaboration d'un score prédictif du déclin. Nous avons, après identification des facteurs associés au déclin fonctionnel (analyse univariée) créé le SHERPA, acronyme de "Score Hospitalier d'Evaluation du Risque de Perte d'Autonomie", constitué de cinq facteurs aisément identifiables à l'admission (modélisation logistique). A l'aide de cet outil, nous pouvons, pour un patient, estimer le risque de déclin dans le décours de l'hospitalisation. Ces cinq facteurs sont : les AVJ instrumentales, les capacités cognitives évaluées par le MMS, l'âge, la présence d'une chute, la perception subjective de santé.[...]
Cornette, P. (2005). Identification précoce des patients âgés à risque de déclin fonctionnel après un épisode d’hospitalisation : élaboration d’un instrument de mesure. https://hdl.handle.net/2078.5/77228