Cet article explore la manière dont José Ortega y Gasset s’inscrit contre toute une tradition philosophique qui, revendiquant l’usage d’instruments à l’assise rationnelle ferme – les concepts –, définit la métaphore comme l’outil des seuls poètes. Il montre comment, à rebours de la tendance qui place la métaphore au service du beau, le philosophe madrilène cherche à faire ressortir sa fonction de vérité : la métaphore, chez lui, permet d’appréhender le proche aussi bien que le lointain, ce qui semble connu tout autant que ce qui, sans cesse, se dérobe au regard. Par ailleurs – c’est là sa plus grande force –, elle apparaît sous sa plume comme la figure qui, par excellence, permet de dire des visions nouvelles ; en ce sens, elle devient un instrument privilégié de la pensée, et la philosophie, plutôt que de l’exclure hors de son champ, doit être capable d’articuler raison et imagination – de réconcilier concepts et métaphores.
Bardet, A. (2017). De l’usage de la métaphore en philosophie, réflexion à partir de la pensée de José Ortega y Gasset. In La métaphore, alibi de l’excès (ICT). ICT. https://hdl.handle.net/2078.5/226754