Programmer la lecture d'albums fictionnels au secondaire : de la réception première des enseignants à l'intégration dans une planification didactique

De Croix, Séverine;Ledur, Dominique
(2024) 25e Rencontres des chercheurs et chercheuses en didactique des littétures. Enseigner toutes les littératures — Location: Paris (16.October.2024)

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Très présents dans les classes du primaire, les albums sont une option moins majoritairement retenue au secondaire. Pourtant, sous l’effet de l’évolution éditoriale à destination du lectorat adolescent, l’album pour « lecteurs plus âgés » semble en train de se frayer une voie sur la scène scolaire. Quel regard les enseignant·e·s du secondaire portent-ils sur cet objet littéraire nouveau venu ? De quel projet les albums fictionnels présents dans les classes du secondaire sont-ils le signe ? La sélection des textes à proposer en lecture et la lecture de ces textes par l’enseignant·e – une lecture experte très ordinaire dans le quotidien de son activité, qui apparait comme une lecture adressée, orientée vers la fabrication d’activités ou de dispositifs – ne fait l’objet d’un intérêt des chercheurs que depuis peu (Mazauric, Fourtanier & Langlade, 2011 ; Fradet-Hannoyer, 2019). Dans cette contribution, nous poursuivons un double projet. (1) À l’aide d’un corpus constitué d’une quinzaine d’albums récents, nous souhaitons tout d’abord interroger – sur un plan théorique – les spécificités des iconotextes destinés au adolescent·e·s (leur matérialité, l’identification du lecteur cible, les effets fictionnels programmés, leur correspondance potentielle aux gouts et intérêts de lecteurs adolescents et jeunes adultes) (Connan-Pintado & Béhotéguy, 2020 ; Centi, D’Anna, Delbrassine & Dozo, 2022 ; Delbrassine & Audin, 2022). Des caractéristiques spécifiques permettent-elles de parler d’ « album pour adolescents » ? Conduisent-elles en outre à réinterroger les conduites et les pratiques de lecture littéraire développées à l’école ? (2) La recherche porte ensuite sur la relation des enseignant·e·s à ces iconotextes considérés comme textes potentiels pour la classe (Louichon, 2020). Une quinzaine d’enseignant·e·s rencontré·e·s à l’occasion d’entretiens collectifs (sous la forme de « focus groups ») sont ainsi interrogés sur l’introduction des albums fictionnels dans les corpus scolaires : retiennent-ils, elles des albums fictionnels à destination de leurs élèves adolescents ? Quels objectifs leur associent-ils, elles ? Confrontés au corpus d’albums fictionnels constitué lors de la première étape de la recherche, les enseignant·e·s que nous avons rencontré·e·s sont également invité·e·s à faire le choix d’un album qu’ils pourraient retenir à destination de leurs classes du secondaire et à commenter leur sélection : pourquoi tel album retient-il leur attention ? Quelle lecture en font-ils, elles ? Comment qualifient-ils, elles le travail que doit mener le lecteur, la lectrice qui découvre cet album ? Quel appareil théorique pensent-ils, elles devoir convoquer pour étudier cet album en classe ? Les verbatims issus de cette mise en situation et de ces échanges constituent le matériau d’analyse de la « première lecture professionnelle » des enseignant·e·s.
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Citations

De Croix, S., & Ledur, D. (2024). Programmer la lecture d’albums fictionnels au secondaire : de la réception première des enseignants à l’intégration dans une planification didactique. 25e Rencontres des chercheurs et chercheuses en didactique des littétures. Enseigner toutes les littératures, Paris.