Des premières réhabilitations dans les années 80 aux projets de renouvellement urbain à partir de 2003, les grands ensembles sont un catalogue représentatif des enjeux de réhabilitation posés au bâti du XXe siècle. L’observation de ces interventions, à différentes échelles, du quartier au logement révèlent les problèmes récurrents de la réhabilitation appliqués de manière globale aux grands ensembles : mise en accessibilité, amélioration de l’isolation thermique et acoustique, construction de parkings, densification, résidentialisation, etc. Ces réhabilitations-actualisations, bien que nécessaires pour l’adaptation de l’architecture du XXe siècle dans la ville durable du XXIe siècle, vont souvent à l’encontre du fonctionnement, de la logique globale du grand ensemble et touchent ainsi à son authenticité/intégrité. Nous proposons de montrer dans cette communication, à partir des opérations de réhabilitation dans les grands ensembles toulousains, différentes échelles/natures de réhabilitation altérant le sens singulier du grand ensemble. Si les conséquences semblent mineures sur certaines opérations, d’autres sont destructrices de leur logique (perte d’urbanité, de fonctionnalité, disparition de la cohérence esthétique etc.) Ainsi, à quel moment pouvons-nous considérer que l’authenticité/intégrité est mise à mal ? Sont-elles relatives aux échelles de l’intervention ? Comment prendre en compte dans les futures réhabilitations cette dimension de l’authenticité/ intégrité du bâti ?
Courbebaisse, A., & et al. (2019). Les échelles de l’intégrité. Le cas des grands ensembles d’habitations. In Philippe Dufieux et Benjamin Chavardès (ed.), Les enjeux théoriques de la réhabilitation (p. 207). Presses universitaires de Lyon.