Les récits de violence au sein des commissions d’historiens
Hébert, Emmanuelle
(2018) Violence et récit : recueillir, traduire, transcrire, transmettre Les sciences sociales et humaines face aux récits de violenc — Location: Université Paris Diderot (29.May.2018)
Les commissions d’historiens sont mises en place pour favoriser la transformation des relations entre anciens belligérants. Leur objectif est de permettre une approche commune du passé conflictuel pour permettre un rapprochement, voire une réconciliation. La contribution proposée mettra l’accent sur la charge émotionnelle des récits mis en lumière par chacune des parties. Quels récits des violences émergent ou sont au contraire bridés au sein de ces commissions ? Comment sont-ils discutés, puis présentés à l’extérieur ? Les commissions étudiées visent l’horizon d’attente suivant : favoriser des « lectures plurielles » qui soient susceptibles de « raconter autrement » l’histoire partagée (Ricoeur, 1992, p.111). Le but est de faire émerger des récits non plus incompatibles mais divergents. Deux cas d’étude sont privilégiés : la commission polono-allemande portant sur les manuels scolaires, établie en 1972 et le groupe polono-russe sur les questions difficiles, créé en 2002. Le passé difficile entre ces pays est à la fois très ancien et tout à fait récent. La commission polono-allemande a ainsi longuement discuté des Chevaliers teutoniques au Moyen-Âge, mais aussi des expulsions ou de la situation des régions aux frontières mouvantes au siècle dernier. Le groupe polono-russe s’est concentré sur le XXe siècle et a débattu des massacres de Katyń ainsi que du sort des prisonniers de guerre dans le conflit soviéto-polonais de 1919-1921.
Hébert, E. (2018). Les récits de violence au sein des commissions d’historiens. Violence et récit : recueillir, traduire, transcrire, transmettre Les sciences sociales et humaines face aux récits de violenc, Université Paris Diderot. https://hdl.handle.net/2078.5/125863