L'opération de fouille archéologique a permis de mettre au jour 113 structures archéologiques et de distinguer une occupation du Ier / IIe siècle ap. J.-C. et une seconde phase du IIe au IVe siècle ap. J.-C., montrant l'évolution d'une occupation rurale à vocation agricole, avec un premier établissement aux Ier et IIe siècles structuré autour d'un triple réseau fossoyé et d'une fosse sub-circulaire, qui connait un véritable essor au cours du IIe et IIIe siècle, avec l'aménagement d'un ensemble de bâtiments sur fondations en solins de silex, organisés de part et d'autre d'un enclos central. Les vestiges de la phase 1 nous montrent qu'il existe une structuration de l'occupation dès la seconde moitié du Ier siècle ap. J.-C. et peut être même avant à la période protohistorique, qui a dû préexister au véritable essor que connaîtra le site durant les IIe et IIIe siècle ap. J.-C. La phase 2 semble se rattacher à une occupation rurale à vocation agricole, caractéristique du faciès côtier et pouvant faire penser sans certitude à une partie de la "pars rustica" d'un domaine plus large avec association de dépendances en périphérie. Dans tous les cas, l'occupation de la phase 2 semble être un bel exemple d'occupation au moment de l'apogée de la romanisation des campagnes dans ce secteur géographique situé aux confins du territoire des Ambiens et des Morins. Les temps forts de l'occupation de la phase 2 semblent se situer aux alentours des IIe et IIIe siècles avec un abandon probable dans le courant de la première moitié du IVe siècle. La présence diffuse de céramique médiévale témoigne d'une réoccupation du site dès la période mérovingienne. Cependant, seule une fouille des parcelles adjacentes à notre intervention permettrait d'avoir une vision plus complète du site et d'affirmer ou remettre en cause ce phasage chronologique.
Willems, S. (2013). 4.1-Étude céramique, in Duvaut-Saunier, Alexy (dir.) Wailly-Beaucamp, route de Boisjean : rapport de fouilles, vol.2. Inrap. https://hdl.handle.net/2078.5/251773