La place des gens de guerre dans les pratiques d’accord et d’apaisement à la fin du Moyen Âge reste encore mal connue. L’étude des lettres de rémission accordées par le roi de France et le duc de Bourgogne au XVe siècle montre pourtant que les soldats n’échappent pas aux impératifs de réconciliation, en particulier dans le cadre de la procédure de grâce où la paix à partie est une étape indispensable à l’entérinement des lettres. De plus, la résolution d’un conflit à l’armée nécessite l’intervention des autorités militaires qui peuvent alors jouer le rôle d’intermédiaires ou d’arbitres entre les parties. À une échelle plus générale, l’abolition décrétée à l’occasion d’un traité de paix efface définitivement les violences commises de part et d’autre et facilite l’apaisement des tensions entre anciens belligérants.
Verreycken, Q. (2024). La paix du guerrier. Gens de guerre et gestion des conflits dans les lettres de rémission au XVe siècle. Criminocorpus : revue hypermédia, 26(1), en ligne. https://doi.org/10.4000/11wct (Original work published 2024)