Je montre que le tournant de la modernité vers l’époque contemporaine s’effectue suite à la désillusion des Lumières européennes et à l’avènement d’une nouvelle pensée de l’histoire, que l’on dira « post-hégélienne » ou « tragique ». Mais Nietzsche va s'intéresser aux Européens d’après-demain et il développe une philosophie de l’avenir. Je m’attache alors à retracer la mutation dans la conception de la « civilisation » et de l’histoire culturelle, depuis le siècle des Lumière jusqu’à Nietzsche. Cela m’amène à aborder les « philosophies du progrès » caractéristiques des Lumières, avant de me pencher sur les figures du pessimisme historique dans un cadre germanique (Léopold von Ranke, Jacob Burckhardt). Je me demande comment la « théorie des cycles culturels » qui trouve sa source chez Hegel, est réinterprétée chez les penseurs étiquetés comme « philosophes de la décadence ». Je montre que si Nietzsche fut parfois lu ainsi, il se singularise, car il ne souscrit pas au pessimisme historique. En d’autres termes, Nietzsche est un philosophe qui n’adhère pas à la théorie du progrès des Lumières, mais qui propose une « philosophie de l’avenir » de l'Europe
Bertot, C. (2023). Nous, Européens d’après-demain. L’idée d’Europe et la philosophie de l’avenir selon Nietzsche. In Clément Bertot, Pieter de Corte, Jean Leclercq, Patrick Wotling (ed.), Nietzsche et l’Europe (Presses universitaires de Louvain, p. p). PUL. https://hdl.handle.net/2078.5/26971