(fr) Cette recherche est de l'ordre du questionnement quant aux conditions de l'habiter, partant d'artefacts (matérialités édifiées) qui distinguent et qualifient un sol sur lequel l'anthrope (l'être parlant habitant) puisse se tenir « là », et posant la nécessité d'un inhabitable sur ce sol. La thèse est la suivante : Nécessairement à l’habiter, l’architecture limite, par des bords qui se plient, des sols qui – pour être habitables – sont accordés par une condition aux limites du bord et par une loi dans le langage, ou du moins par une incomplétude du commensurable … qui ne peut avoir lieu qu’au sein du mesurable. La distinction d’un sol par l'édification convoque deux artefacts : le socle et l'enclos. Le premier fait du lieu par addition de sol, le second par entour de sol. De là, différents composés artefactuels peuvent être envisagés a priori, selon diverses modalités d’engagement de leurs matérialités. Ces dispositifs convoquent tous le bord en tant que matière déposée, le pli qui distingue les limites du bord, le sol distinct qui peut être habitable ou inhabitable, le seuil comme condition d'habitation prise dans la matérialité du bord et le sacré comme ce qui est soustrait à l'habiter. Ces hypothèses artefactuelles sont mises au travail à la rencontre de ce que l'architecture nous donne à lire et à déplier, à savoir des écrits et des édifices. Au travers de ces lectures et dépliements, le cadre de l'architecture primitive fait place au cadrage de la situation contemporaine. La distinction d'un sol se fait toujours au prix d'une incomplétude : sol inhabitable au seuil duquel l'anthrope est tenu de rester « là » et échappée cadrée d'un horizon depuis le « là quelque part » où peut se tenir l'anthrope.