Comme une énigme, un nom propre très commun: François Emmanuel

(2011) Les Lettres Romanes — Vol. 64, n° 3-4, p. 329-348 (2011)

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Chez François Emmanuel, l'oblitération du patronyme ne procède pas d'une logique de singularisation. Au contraire, le geste d'élever un second prénom relativement banal au rang de patronyme, à une époque de médiatisation extrême du personnage de l'écrivain, relèverait plutôt d'une tension vers un relatif anonymat. Il serait cependant trop simple de confiner la suppression patronymique à un règlement de comptes familial; Emmanuel lui-même souligne bien que c'est d'une certaine manière vers sa famille qu'il revient dans son activité de romancier. Au départ d'une analyse des relations familiales et nominales telles qu'elles sont entretenues dans l'oeuvre (principalement dans Le Sentiment du fleuve), il devient possible d'éclairer le nom de plume en tant que vecteur privilégié de ce que l'écrivain "la disponibilité du romancier", c'est-à-dire la mise à l'écart de soi nécessaire à l'émergence de la fiction. En ce sens, le pseudonyme se donne à lire comme une matrice symbolique de l'oeuvre.
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Citations

Meurée, C. (2011). Comme une énigme, un nom propre très commun: François Emmanuel. Les Lettres Romanes, 64(3-4), 329-348. https://doi.org/10.1484/J.LLR.1.102069 (Original work published 2011)