Le Psaume 19 se présente, dans la tradition de l'hébreu aussi bien que dans celle des versions, comme un seul poème. Toutefois, la critique biblique moderne a proposé d'y voir deux pièces distinctes (v. 1-7 et v. 8-15), que les éditeurs du Psautier auraient mises bout à bout. L'absence de titre en tête du Ps 19B expliquerait que celui-ci a été compté pour un seul avec le Ps 19A. En fait, le Psaume 19 met en parallèle deux modes de la révélation divine: d'une part, la révélation naturelle dans l'ordre cosmique et, d'autre part, la révélation dans la Torah. Par rapport aux cieux et au cosmos, la Torah possède donc cette double supériorité de parler le langage des hommes et de révéler le nom de Dieu: le tétragramme sacré, YHWH, n'apparaît que dans la deuxième partie du psaume, où il est répété jusqu'à sept fois. La liturgie cosmique est célébration de la gloire d'un dieu anonyme; grâce à la Torah, le croyant connaît le Nom de Dieu; grâce à elle, la créature peut entrer en dialogue avec le Créateur et lui adresser en retour des mots qui puissent lui plaire (v. 15). C'est pourquoi, dans l'économie actuelle du poème, la première partie — quelle qu'en soit l'origine — n'a de raison d'être qu'en fonction de la suite: la pointe du poème est de valoriser la Torah dans une comparaison avec les cieux, comparaison qui est tout entière à l'avantage de la Torah.
Auwers, J.-M. (1999). “Les cieux racontent la gloire de Dieu” : sur l’unité et la théologie du Ps 19. In Christian Cannuyer (ed.), Le ciel dans les civilisations orientales. Heaven in the Oriental Civilizations (p. p. 73-82). Société Belge d’Études Orientales. https://hdl.handle.net/2078.5/155813