Empreintes architecturales de femmes sur les routes de l'Europe : étude des couvents des annonciades célestes fondés avant 1800

Piront, Julie
(2013)

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Details

Authors
  • Piront, JulieUCLouvain
    author
Supervisors
Bragard, Philippe
Abstract
(fr) L’architecture monastique est un thème très familier à la fois auprès des chercheurs et du grand public. Néanmoins, au-delà des clichés de l’abbaye médiévale ou des églises baroques jésuites, cette architecture demeure à vrai dire méconnue. Plus particulièrement, les premières études sur l’architecture conventuelle féminine aux Temps Modernes ne remontent qu’à une vingtaine d’années. Pourtant aux XVIIe et XVIIIe siècles, les établissements monastiques se multiplient, occupant une surface non négligeable à l’intérieur des villes de l’Europe catholique, à tel point que les historiens décrivent ce phénomène comme une véritable « invasion conventuelle ». Parmi les nouveaux ordres religieux apparus aux XVIe et XVIIe siècles, les annonciades célestes, fondées à Gênes par Vittoria Fornari en 1602, sont particulièrement représentatives du mouvement de la Réforme catholique. Prônant un renoncement du monde pour pouvoir mieux s’abîmer dans leurs prières, les annonciades célestes ne peuvent pas concevoir leur projet spirituel et leur identité sans une stricte clôture. Il faut dire que depuis le milieu du XVIe siècle, moniales et religieuses sont confrontées au grand paradoxe que leur imposent les décrets du concile de Trente (1545-1563) : vivre en étroite clôture tout en s’implantant en milieu urbain. Dans les cinquante-quatre établissements qu’elles ont aménagés et bâtis en Europe (Italie, France, Belgique, Allemagne, Suisse, Autriche, République tchèque et Slovénie), les annonciades célestes ont été amenées – comme d’autres ordres féminins – à trouver des solutions architecturales concrètes face à cette ambiguïté. Il en ressort une voie médiane, un compromis permanent entre les contraintes matérielles (urbaines, économiques, humaines, etc.) et leurs aspirations célestes, depuis l’installation provisoire des fondatrices jusqu’à la construction des bâtiments définitifs. Bâtis avec les matériaux locaux par des maîtres d’œuvre recrutés souvent sur place, les complexes conventuels des annonciades célestes sont fonctionnels, véritables machines architecturales mises au service du projet spirituel de ces communautés. Enrichie par l’analyse des vestiges et l’exploitation d’abondantes sources écrites et iconographiques, l’étude des couvents des annonciades célestes permet d’apporter un éclairage nouveau et contrasté de la production architecturale religieuse post-tridentine à l’échelle européenne. Par de nombreuses comparaisons avec d’autres congrégations religieuses féminines contemporaines des annonciades célestes, elle permet de distinguer, mais aussi de relativiser les spécificités architecturales d’un ordre religieux, tout en l’insérant dans son contexte religieux et artistique, mais aussi social et économique.
Affiliations

Citations

Piront, J. (2013). Empreintes architecturales de femmes sur les routes de l’Europe : étude des couvents des annonciades célestes fondés avant 1800. https://hdl.handle.net/2078.5/25120