C’est une petite ville du Nord de l’Alsace. La photo du « village fleuri » - des géraniums -, bien visible sur le site Internet de la commune. C’est une petite école de quatre classes, et son blog, accessible par le site municipal. Sur celui-ci est présenté le projet d’école 2008-2011, qui a pour axe prioritaire : « Parler et échanger pour construire son identité scolaire ». Tiens, y aurait-il dans cette collectivité un trouble d'identité ? Que signifie en tout cas que l’école ait pour projet principal de s’occuper des « identités » et de leur construction ? Les termes semblent codés ; dans l'époque actuelle, avec l'instrumentalisation de l'école dans un jeu relatif à « l'identité (ethnico-)nationale », cette formule peut-elle être le signe d'un rapport ethnique ? Cet article montrent que ces termes signalent et recouvrent en effet une politique scolaire ethnicisée, et en outre discriminatoire. En décortiquant cet exemple singulier, j'analyse la façon dont l’institution scolaire, en lien étroit avec son environnement local, est participe d’une discrimination institutionnalisée à l'encontre d’une catégorie de public, en l’occurrence des élèves et parents « Gitans », selon l’appellation ethnique locale. Je montre qu'en construisant de tels statuts sociaux de gestion, l'institution scolaire et ses « partenaires » organisent et justifient un traitement d’exception, qui est finalement incorporé dans le fonctionnement banal de l'école.
Dhume, F. (2012). La “classe à la cave”, un exemple de discrimination institutionnalisée. Diversite, 2(168), 142-147. https://hdl.handle.net/2078.5/100708 (Original work published 2012)