(fr) Penser la finitude semble à contre-pied des conceptions contemporaines du vivant au service d’un avenir privilégiant l’illimité. Nous dressons le constat que la désocialisation du mourir a entraîné sa biologisation et à l’irreprésentabilité de la finitude même. Nous supposons qu’elle est, en sus d’une atteinte à notre humanité, sa transgression. Afin de restaurer ces frontières du vivant et de la mort, la finitude ne peut se cantonner à une simple conception intellectuelle, elle doit être considérée comme une expérience relationnelle incarnée. Notre recherche s’inscrira dans le contexte clinique des soins palliatifs. La pensée d’Emmanuel Levinas nous invite à reconsidérer la finitude comme conscience d’un avec le temps, avec le corps et avec autrui. Notre recherche s’interroge sur comment être en relation avec la finitude, c’est-à-dire d’insuffler une inclinaison qui serait tout autant une méthode, qu’une position à la relation et au temps qui la constituent. Il s’agira d’extraire la finitude de sa représentation, puis de la corporéiser – ce que permet la phénoménologie – afin d’en réactualiser la signifiance. La philosophie lévinassienne nous permettra de formuler l’hypothèse que la caresse rétablirait une relation avec la finitude. Nous supposons que cette hyperbole relationnelle serait à la fois une posture éthique relationnelle et un modus operandi à même de s’inscrire dans une philosophie du soin. Phénoménologique, la caresse incarnerait de son geste et de l’hyperbole relationnelle et s’avèrerait adéquate pour penser la finitude, tant pour les soignants que pour les patients en contexte palliatif.