Femmes de pouvoir au Moyen Âge: Les principautés des Pays-Bas comme une terre fertile de femmes puissantes. Le cas de Jeanne de Brabant (1322-1406)

(2023) Société d’artchéologie et des Amis du Musée du masque à Binche — Location: Binche (22.April.2023)

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Nos préconceptions sur le Moyen Âge, construites d’après l’historiographie patriarcale et masculine du début du siècle dernier et du siècle précédent ont effacé, minimisé ou complètement dévalorisé le rôle des femmes au Moyen Âge. Pourtant, grâce à l’histoire des femmes, puis à l’histoire du genre, celles-ci sortent peu à peu de l’ombre pour revenir sur la scène, à côté de leurs père, frères ou maris. Comme souvent dans la recherche historique, ce sont d’abord les riches et les puissantes qui ont attiré les chercheurs grâce à une documentation plus nombreuse et complète. Toutefois, rapidement, les femmes du peuple ont aussi trouvé leur place dans l’histoire. Dans nos régions, ces femmes riches sont nombreuses, mais également puissantes, à cause de dynasties peu fécondes en fils. À leur côté, les femmes et filles de la petite noblesse, du patriciat urbain ou même des divers métiers ont aussi trouvé une place, grâce à des villes fortes, revendicatrices et avec un réel contrepouvoir face à leurs princes. Ainsi, dans la gestion des familles, du foyer, des biens, etc. les femmes des principautés des Pays-Bas ont pris des responsabilités et tenu des rôles essentiels. Dans le cadre de cette conférence, nous nous concentrerons sur les princesses, c’est-à-dire les filles des ducs et comtes des principautés à la fin du Moyen Âge. Elles faisaient des mariages avantageux et tenaient leur cour, souvent très jeunes, plus ou moins loin de chez elles. Puisque certaines n’ont pas eu de frères, et que d’autres les ont vus mourir, quelques-unes héritèrent des territoires et titres dudit père. Ainsi, du XIe siècle à la fin du XVe, leurs noms et titres s’enchainent comme une longue litanie : Richilde d’Edisheim, comtesse de Hainaut au XIe siècle, Marguerite d’Alsace, comtesse de Flandre au XIIe siècle, Jeanne et Marguerite de Constantinople, comtesses de Flandres et de Hainaut au XIIIe siècle, Marguerite II de Bavière, comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande au milieu du XIVe siècle, Jeanne de Brabant, duchesse de Brabant et de Limbourg au XIVe siècle, Marguerite III de Male, comtesse de Flandre, d’Artois et de Nevers au XIVe siècle, Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande au début du XVe siècle, ou encore Marie de Bourgogne, duchesse de Bourgogne, de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg, comtesse de Flandre, d’Artois, de Nevers, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, dame de Malines et de Frise à la toute fin de cette période. Ceci nous montre bien que, si les femmes n’étaient pas un premier choix pour succéder à leur père, en l’absence d’un frère, elles étaient toutefois une solution tout à fait acceptable, et ce encore d’avantage quand elles étaient mariées. En quoi un tel principat était-il dès lors différents de celui d’un père ou d’un frère ? Quelles limites, mais aussi, quelles avantages l’héritage d’une princesse présentait-il, d’un point de vue politique et territorial, économique, culturel, etc. ? Quelles particularités ressortaient d’une période où une principauté était héritée par une princesse ? Autant de questions qui seront abordées sous le prisme de la vie de Jeanne de Brabant (1322-1406), comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande par son premier mariage (1337), puis comtesse de Luxembourg par son deuxième mariage (1352) et duchesse de Brabant et de Limbourg à la mort de son père (1355).
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Citations

Rutsaert, C. (2023). Femmes de pouvoir au Moyen Âge: Les principautés des Pays-Bas comme une terre fertile de femmes puissantes. Le cas de Jeanne de Brabant (1322-1406). Société d’artchéologie et des Amis du Musée du masque à Binche, Binche. https://hdl.handle.net/2078.5/245388