Description d’un fait de langue et analyse de discours : étude contrastive de deux types d’analyses énonciatives
Mariscal, Vincent;Bunte, Patricia
(2008) COLDOC 2008 MoDyCo ED 139 — Location: Paris 10 Nanterre (8.October.2008)
Files
No attached file found for this publication.
Details
Authors
Mariscal, VincentUCLouvain
Author
Bunte, PatriciaUFR François Rabelais de Tours
Author
Abstract
Dans cette communication nous nous proposons d’effectuer une étude contrastive. Elle est liée à des travaux réalisés dans le cadre de deux mémoires de Master 2, et comporte la mise en regard de deux types d’analyses linguistiques : l’un sur le futur en allemand, dans le cadre de la Théorie des opérations prédicatives et énonciatives (la TOPE) et l’autre est une analyse des procédés expressifs et énonciatifs mis en œuvres dans les livres-programmes des candidats à l’élection présidentielle française en 2007. Cette dernière analyse est effectuée dans le cadre de l’analyse française du discours politique. L’intérêt de ces travaux, pour le présent colloque, est qu’ils sont représentatifs de deux pôles d’analyse en linguistique énonciative française : la langue et le discours. Nous essayerons de répondre aux questions suivantes : en quoi le type d’analyse linguistique à effectuer influence les choix du linguiste dans la constitution de son corpus ? Quels types de corpus doit-on utiliser pour mener à bien ces deux analyses ? De quelle manière le cadre énonciativiste permet-il un dialogue entre langue et discours, et quel point de jonction existe-t-il entre description de langue et analyse de discours ? Ce point de jonction serait le point de « seuil » décrit par Gustave Guillaume, lieu où il existerait un passage de la langue vers le discours et vice-versa. 1- Constitution des deux corpus : dans le cadre du mémoire au sujet du futur en langue allemande, on constituera un corpus restreint, d’une soixantaine d’énoncés, alors que pour le mémoire traitant du « discours sécuritaire » il sera nécessaire de constituer un corpus très étendu de plus de plus d’un million d’occurrences, géré à l’aide d’un logiciel d’analyse lexicométrique. Nous verrons en détail les raisons scientifiques de ces choix et leurs conséquences. 2- Problèmes méthodologiques : les objectifs de ces études font qu’on ne constitue pas le même type de corpus pour chaque étude. Dans le premier cas, nous avons la construction d’un corpus spécifique, qui permettra dans le cadre du programme topéen, de simuler des faits de langue. Dans le second cas, nous avons un corpus de discours déjà construit. Dans les deux cas, une problématique précise devra permettre d’obtenir le corpus adéquat. Dans un cas elle permettra au linguiste de construire un corpus pertinent, et dans l’autre cas, de le sélectionner de manière convenable parmi les milliers de sources possibles. Nous verrons en détail les choix qui ont été faits et leur justification. 3- Problèmes épistémologiques : finalement, ces deux pôles de la linguistique énonciative se rejoignent au « seuil » (issus de la psychomécanique élaborée par Gustave Guillaume dès 1929). Ces deux types de travaux de recherche dialoguent à l’intérieur du cadre énonciativiste, car la description de la langue de type topéenne a pour point de départ des faits énonciatifs (ex. : Culioli 1991-1999), c’est-à-dire des éléments proches de la sphère du discours, qui servent d’observables, et l’analyse du discours de tradition française se base sur la description des langues (ex. : Charaudeau 1992) afin d’analyser des faits discursifs. Cette réflexion est essentielle pour qui aborde un premier travail de recherche, car elle permet d'approcher des problèmes généraux de constitution d’un corpus lorsqu’on veut décrire une langue ou analyser un genre discursif. Ce travail interroge également la possibilité d’un corpus (ou d’un travail) hybride, permettant de se situer entre la langue, en amont, et le discours, en aval.
Mariscal, V., & Bunte, P. (2008). Description d’un fait de langue et analyse de discours : étude contrastive de deux types d’analyses énonciatives. COLDOC 2008 MoDyCo ED 139, Paris 10 Nanterre. https://hdl.handle.net/2078.5/22291