Bien que les maladies rénales chroniques (MRC) soient associées aux maladies cardiovasculaires (MCV) indépendamment des autres facteurs de risque, la dyslipidémie est un facteur modifiable bien établi des MCV. Des anomalies lipidiques à la fois quantitatives et qualitatives s’aggravent avec le déclin de la filtration glomérulaire. Typique-ment, la MRC est associée avec une élévation des triglycérides et de la lipoprotéine (a) et un abaissement du HDL-C tandis que les changements des taux de cholestérol total et de LDL-C sont moins marqués et que les sous-classes de LDL démontrent une tendance vers un excès de particules LDL petites et denses. Les évidences concernant le bénéfice des statines au niveau CV est clair chez les patients avec MRC aux stades 2 et 3, mais est moins clair chez les patients avec une MRC plus avancée (Stade 4-5) ou en dialyse. Les analyses post-hoc des études d’intervention avec les statines suggèrent aussi que les statines ralentissent la vitesse de dégradation de la fonction rénale et ont un bénéfice sur les protéinuries pathologiques. Ces bénéfices plaident en faveur de l’utilisation des statines chez les patients en stade 2-3 de MRC. En pratique, les patients avec une maladie rénale chronique (MRC) doivent être considérés comme à risque équivalent à ceux qui ont une histoire de maladie coronarienne. Chez les patients avec une maladie rénale chronique stades 2 à 4 (Filtration glomérulaire de 15 à 89 ml/min/1.73 m²), les statines seront d’abord utilisées pour atteindre un taux de LDL-cholestérol < 70mg/dl et, si nécessaire, sera ajouté de l’ézetimibe. Dans un deuxième temps, seront ajoutés un fibrate* ou de l’oméga 3 si le taux de TG reste > 150 mg/dL ou si le taux de non-HDL cholestérol reste > 100 mg/dl. Chez les patients avec insuffisance rénale stade 5 (FG <15 ml/min/1.73 m²) ou en dialyse, les statines doivent être prescrites seulement à faible dose. Les omega 3 (pas les fibrates), peuvent être utilisés en deuxième instance, pour corriger les triglycérides ou le non HDL-C
Descamps, O. S., & Persu, A. (2010). Maladies rénales chroniques et dyslipidémies. Louvain médical, 129(5), 169-178. https://hdl.handle.net/2078.5/187993 (Original work published 2010)