Cette thèse de doctorat porte sur Jacques François Delyen, maître à Gand en 1705, Académicien à Paris en 1725, et ses confrères belges actifs à Paris au XVIIIe siècle. Nous présentons dans ce travail une biographie, ainsi que 95 tableaux signés ou attribués, 2 gravures personnelles, 8 gravures d’après des portraits ou des scènes de genre, 3 copies d’après Delyen et 16 œuvres, ayant passé pour un Delyen, aujourd’hui attribuées à un autre artiste, dont 3 pastels et un dessin. Nous avons ainsi constitué un corpus de référence qui pourra servir à l’attribution d’œuvres actuellement données à d’autres maîtres, ou qui sortiront de l’anonymat où elles reposent pour l’instant. C’est la première fois qu’une vue d’ensemble est donnée. Notre projet d’établir un catalogue fondé sur un examen scientifique de chacun des numéros ne put être conduit que sur un nombre réduit d’entre-elles. Néanmoins, les résultats sont intéressants et permettent d’établir une base solide d’informations techniques, et relatives à l’état matériel des œuvres. Nous avons à cette occasion pu jeter les bases d’observations matérielles et techniques, rares pour le XVIIIe siècle, qui, conjuguées aux onze exécutions signées et datées retrouvées, forment une somme indispensable pour la connaissance de l’œuvre et les questions d’attribution futures. Il faut en outre signaler des résultats intéressants en matière de tableaux de Salon, scènes de genre, natures mortes et toiles connues par une gravure. Lorsque nous avons entamé ce doctorat, Jacques François Delyen était un peintre fort oublié de portraits, d’histoire, de scènes de genre ou de sujets mythologiques ; presque rien n’était connu de sa vie. Stylistiquement et techniquement, Jacques François Delyen passait pour conjuguer le goût et la manière flamande à la maîtrise française. La bibliographie n’était pas plus importante : 23 des 50 titres parus entre 1722 et 1993 avaient pu être retrouvés. Ce peintre n’a pas encore livré tous ses secrets. Cependant, nos recherches ont mis en lumière bien des aspects de la vie et de l’œuvre du peintre. La constitution du répertoire des peintres nés ou formés en Belgique, actifs à Paris durant le XVIIIe siècle, nous permet de formuler une hypothèse en quatre points, d’une simplicité peut-être déconcertante, mais somme toute naturelle, sur les causes de son échec professionnel. L’étude du milieu belge de la peinture à Paris au XVIIIe siècle n’a rien apporté de concret à la compréhension de Delyen. La surprise vient par contre du nombre élevé de peintres belges actifs à Paris durant cette période. Certes, peu parmi ces 129 artistes ont laissé un nom dans la capitale, et moins encore dans l’histoire de la peinture. Mais cette importante délégation a dû influencer davantage l’art à Paris que nous ne l’avons montré (ce n’était pas notre but). Notre approfondissement de la bibliographie existante a déjà permis de donner une image d’ensemble inconnue des belges à Paris et de découvrir que leur activité se répartit en cinq grands groupes. Nous avons recensé au cours de nos recherches pas moins de 732 peintres actifs, nés ou formés en Belgique au XVIIIe siècle et c’est là une autre de nos découvertes. Cela ne dénote pas précisément l’atonie de l’activité ou l’assèchement des vocations, généralement décrits par la littérature. Enfin, nos travaux ont donné des résultats dans cinq domaines connexes à nos recherches. Le plan de ces recherches est divisé en quatre parties. La première est composée de la biographie, l’art et la fortune critique. Le catalogue de l’œuvre, les copies et gravures d’après Delyen, ainsi que les tableaux attribués à un autre artiste constituent la deuxième. La troisième est consacrée aux 129 peintres nés ou formés en Belgique et actifs à Paris au XVIIIe siècle. Enfin, la dernière est réservée aux annexes et appareil critique. Notre travail devrait éclairer d’un jour nouveau la vie et l’œuvre de Delyen et démontre que l’on peut espérer mieux connaître ses compatriotes du XVIIIe par un retour aux sources ainsi qu’une analyse approfondie de la bibliographie et des œuvres. Nos recherches devraient aussi obliger à revoir la conception de la peinture belge du XVIIIe siècle. Les 129 peintres actifs à Paris en sont un exemple, les 732 formés en Belgique en constituent un autre et devraient donner une image bien différente de la période (Cette thèse fera l’objet d’une édition à la fin de 2006, et un résumé détaillé sera publié dans le volume 2005 de la Revue des Archéologues, Historiens de l’Art et Musicologues de l’UCL).
de Wallens, G. (2005). Jacques François Delyen, peintre ordinaire du Roi (Gand 1684 - Paris 1761) et les peintres belges actifs à Paris au XVIIIe siècle. https://hdl.handle.net/2078.5/198238