Les recherches internationales sur l’enseignement et la formation des enseignants sont en constante évolution. Face aux défis croissants rencontrés par les enseignants – diversité des élèves, inclusion, évolution des technologies –plusieurs pays entreprennent des réformes et refontes des curriculums en formation initiale (Derobertmasure et al., 2020 ; Van Nieuwenhoven et al., 2021). Entre autres, pour favoriser le développement des compétences, il est recommandé d’inscrire les situations d’enseignement/apprentissages des étudiants dans un contexte authentique (Vanpee et al., 2010), au plus proche des situations professionnelles rencontrées par les enseignants. Cela permet aux étudiants de mieux comprendre comment les savoirs théoriques qu'ils acquièrent s'appliquent dans la réalité du métier. Dans cette perspective, les étudiants évoluent dans un cadre qui leur permet de vivre l’expérience et d’utiliser les connaissances acquises dans l’objectif de donner du sens aux apprentissages. De plus, en favorisant le décloisonnement entre les instituts de formation et les établissements de terrain, l’étudiant accède au savoir professionnel qu’il pourra s’approprier et transformer en compétences professionnelles (Maes et al., 2021). Or, des recherches montrent qu’il arrive que l’étudiant trouve peu l’utilité de ce qui lui est enseigné (eg., Caron et Portelance, 2017 ; Flores, 2016), percevant un écart « entre sa formation théorique et ce qui se passe sur le terrain comme s’il s’agissait de deux mondes différents » (Deprit, 2021, p. 76) et ce particulièrement dans le cadre des stages (Altet et al., 2013). En effet, à ce moment, il semble qu’il se sente responsabilisé dans les liens à établir entre la théorie et la pratique (Stümer et al., 2013) mais serait en peine pour y parvenir. D’autant plus que cette responsabilisation peut être vécue comme une pression pour que les savoirs de la formation soient mobilisés en stage (Colognesi et al., 2024). Mais les situations rencontrées en stage étant inédites (Waege et Haugaløkken, 2013), elles nécessitent une adaptation située (Bergeron, 2016), ce qui rend les liens théories-pratiques compliqués (Deprit, 2023). Afin de réduire cet écart, certaines études identifient, comme leviers, des dispositifs de formation à et par la recherche (Cadet et Lavieu-Gwozdz, 2019). En effet, le rôle que peut jouer la recherche dans le développement professionnel des enseignants est maintenant documenté (Barbier et Colognesi, sous presse ; Colognesi et März, 2023). Il ressort que ce fonctionnement constitue une façon de combler le fossé entre la recherche et le terrain, mais également une manière de travailler avec les futurs enseignants sur des questions vives de l’éducation pour les amener à développer les réflexes de recherche et ainsi améliorer leurs pratiques (Zeichner, 2003). En intégrant la recherche dans leur formation, les étudiants acquièrent des compétences critiques et réflexives qui les aident à mieux s’adapter aux défis rencontrés sur le terrain. C’est pourquoi ce genre de dispositifs innovants apparait de plus en plus dans les programmes de formation des enseignants (Darling-Hammond, 2017 ; Flores, 2017). Ce symposium propose de s’interroger sur ces nouveaux dispositifs qui visent à rapprocher les savoirs enseignés en institut de formation des pratiques de « terrain » et, par la même occasion, placent l’étudiant au cœur de sa formation. Il proposera des communications autour de cette thématique (par exemples, des dispositifs favorisant la métacognition, la réflexivité, la collaboration…). En sollicitant une dimension internationale, ce symposium permet de comparer les contextes et cultures professionnelles et d’enrichir les réflexions autour des dispositifs de formation.
Barbier, E., & Deprit, A. (2025). Des dispositifs innovants à et par la recherche dans la formation des enseignants [SYMPOSIUM]. ADMEE, Esch-sur-Alzette, Luxembourg. https://hdl.handle.net/2078.5/242175