La tradition vinicole de la Toscane tardo-antique : l’apport de la recherche pluridisciplinaire belge à la villa d’Aiano (San Gimignano, Sienne)

(2026) 12e Congrès de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique (ACfHAB) — Location: Brussels (20.August.2026)

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Cette communication explore les pratiques socioculturelles et les dynamiques économiques qui sous-tendent la production de vin dans l’arrière-pays toscan, entre le Ier siècle av. J.-C. et le Vème siècle apr. J.-C. Cette étude est envisagée par le prisme des découvertes faites à Aiano, dans le Val d’Elsa, où une villa de l’Antiquité tardive est l’objet d’un programme de fouilles depuis 2005 sous la direction de Marco Cavalieri (UCLouvain). Le site, d’une superficie estimée à 10.000 m2, comprenait une pars urbana luxueuse et une pars fructuaria dédiée depuis le IVe siècle à la production de vin. Le cellier aux dimensions imposantes, 30 x 9 m, a révélé 23 dolia defossa, mais il pouvait en contenir une cinquantaine. Un cachet – un unicum – sur l’une des jarres vient dater cette dernière au Ier siècle ap. J.-C. Dès lors, il semble que la prospérité économique de la villa ait, du moins en partie, reposé sur le recyclage de matériaux plus anciens. Cette hypothèse concorde avec le fait que les dolia étaient des objets coûteux, leur manufacture requérant des savoirs-faire et des moyens spécialisés. En outre, la vinification en céramique est suspectée d’être remplacée par l’usage de barriques dans l’Antiquité tardive, mais si cette hypothèse vaut pour la Gaule, elle reste à valider archéologiquement pour la péninsule italienne. Les découvertes d’Aiano offrent de nouveaux indices sur ces questions. La pétrographie a permis d’identifier l’origine régionale des dolia d’Aiano, avec une diversité de pâtes témoignant peut-être d’ateliers distincts. Ce résultat concorde avec le développement, dès le règne d’Auguste sur la côte tyrrhénienne, d’un réseau d’industries potières municipales (amphores, dolia) et de villae maritimae, toutes liées à l’économie du vin. Cette économie semble aussi démontrer une indépendance par rapport au patrimonium Caesaris, pourtant bien implanté pour l’activité vinicole en d’autres endroits de l’Étrurie (notamment l’île d’Elbe). La pétrographie a aussi identifié un dégraissage des argiles à partir de gabbro broyé, un type de roche disponible à proximité du site, et dont l’usage comme dégraissant s’inscrit dans un héritage techno-culturel étrusque, destiné à l’obtention de céramiques réfractaires, offrant un microenvironnement stable pour la fermentation du vin. Le site d’Aiano illustre par là la longévité d’une tradition vinicole toscane, peut-être indépendante du pouvoir impérial durant le Haut-Empire, et enracinée dans des savoirs-faire étrusques, dont le potentiel est resté reconnu et exploité (par le biais du recyclage) pour la vinification au Bas-Empire.
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Citations

Liard, F., Cavalieri, M., & Yans, J. (2026, August 21). La tradition vinicole de la Toscane tardo-antique : l’apport de la recherche pluridisciplinaire belge à la villa d’Aiano (San Gimignano, Sienne). 12e Congrès de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique (ACfHAB), Brussels. https://hdl.handle.net/2078.5/281593