Les villas de l'Antiquité tardive. Etude macroscopique et diachronique de leur organisation et fonctionnement en Italie centrale

(2026)

Files

PEETERS_Anthony-These-VolumeI.pdf
  • Embargo Access until 2031-03-01
  • Adobe PDF
  • 13.78 MB
PEETERS_Anthony-These-VolumeII.pdf
  • Embargo Access until 2031-03-01
  • Adobe PDF
  • 127.25 MB

Details

Authors
Supervisors
Cavalieri, Marco
Abstract
(fr) La villa romaine est un objet d’étude particulièrement complexe à définir, car il n’existe pas de « villa idéale », mais plutôt une multitude de sites qui, par leurs caractéristiques, leur mobilier et leurs fonctions, peuvent se rattacher à cette catégorie. La question paraît encore plus compliquée pour l’Antiquité tardive, quand de nombreuses villas semblent abandonnées entre le IIème et le IIIème siècle apr. J.-C., tandis que beaucoup d’autres connaissances des phases de restructuration et de monumentalisation. L’étude historiographique a fait ressortir que l’Italie centro-septentrionale, en particulier la Toscane, s’est longtemps retrouvée en marge des recherches sur les villas de l’Antiquité tardive. En effet, cette région a longtemps été perçue de manière négative, comme désertée dans ses campagnes. Pourtant, les fouilles récentes et les projets de recherche menés depuis une quarantaine d’années révèlent une réalité plus nuancée, justifiant la réalisation d’une synthèse inédite et une réévaluation de la notion même de villa. Notre recherche adopte une méthode simple et réplicable pour envisager les villas dans une dimension diachronique et régionale. En combinant les approches traditionnelles avec des analyses spatiales et quantitatives, nous avons interrogé les changements que connaissent les villas en Toscane, entre le IIIème et le Vème siècle, dans leurs fonctions et leur morphologie, mais aussi dans leur place au sein des campagnes et des réseaux d’échange. Cette démarche a permis d’identifier des critères géographiques et humains déterminants dans le choix d’implantation (salubrité, terrain, orientation, accès à l’eau, accessibilité), en adéquation avec les recommandations des agronomes antiques, et relativement constants depuis l’époque républicaine. Une modélisation à l’échelle régionale a également mis en évidence les zones favorables à l’installation de villas, confirmant le potentiel de la Toscane à abriter ces sites ruraux. L’analyse de la place des villas dans les campagnes entre le IIIème et le Vème siècles révèle une baisse significative des sites occupés sous cette forme au IIème et surtout au IIIème siècles, conformément aux tendances observées en Italie. Contrairement à l’idée d’une région scindée, nos résultats montrent une évolution similaire entre le nord et le sud de la Toscane, avec un léger regain au IVème siècle dans la partie septentrionale, lié à la force d’attraction de l’Arno. Les analyses de réseaux soulignent aussi l’interconnexion entre villas, sites routiers et ports, ainsi que l’existence de trois axes commerciaux majeurs : la vallée de l’Arno et ses affluents, celle de l’Ombrone, et la zone orientale autour d’Arezzo. Enfin, l’étude des plans, des fonctions et des relations interpersonnelles au sein des villas met en lumière l’absence d’une « villa idéale ». Ces édifices ruraux s’articulent plutôt autour de six composantes principales : entrée monumentale, péristyle, pièces de représentation, appartements, thermes, espaces productifs et de service. Ceux-ci présentent une série de caractéristiques communes, mais également de nombreuses différences inhérentes au lieu, aux structures antérieures, aux modèles culturels et aux décisions propres au propriétaire. Notre recherche a permis de remettre en question l’image d’une Toscane dépeuplée ou en crise durant l’Antiquité tardive, ainsi que celle d’une région divisée entre une partie florissante au nord et une zone au sud en crise. Cette région ne devrait plus être perçue comme une zone de passage entre le nord et le sud de l’Italie, mais comme une région avec ses propres spécificités, et comme fortement marquée par l’aspect productif. Nous proposons finalement une définition élargie de la villa de l’Antiquité tardive, site polyfonctionnel qui pouvait présenter une grande diversité dans son plan, tout en étant formé par un ensemble de composantes s’agençant de manière différente selon les cas.
Affiliations

Citations

Peeters, A. (2026). Les villas de l’Antiquité tardive. Etude macroscopique et diachronique de leur organisation et fonctionnement en Italie centrale. https://hdl.handle.net/2078.5/273803