Quand la lenteur du voyage mène à la profondeur 

(2010) Voyages contemporains — ISBN: [ISBN 978-2-256-91157-6], p. 83-93, published

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Pour s'opposer aux voyages pressés, à cette triste impression d'un monde fini qui en découle parfois, on peut certes privilégier la marche, l'approche modeste de lieux plus « communs », considérés comme moins exotiques, ainsi qu'une certaine forme de disponibilité, de liberté d'esprit, qui consisterait en l’absence de programme strict. Un voyage à pied à travers la France, des Vosges aux Corbières, comme celui que relate Lacarrière dans Chemin faisant (1977) en est l'exemple type. On peut aussi, double « résistance », choisir de détourner un lieu et un mode de locomotion a priori exclusivement consacrés à la vitesse. C'est ce que proposent Cortázar et Dunlop, en 1982, lorsqu'ils décident, depuis Paris, de rallier Marseille par l'autoroute, sans jamais la quitter, et en s'imposant entre autres règles de s'arrêter dans tous les parkings rencontrés, à raison de deux par jour, en dormant systématiquement dans le deuxième (Les Autonautes de la cosmoroute ou un voyage intemporel Paris-Marseille, Gallimard, 1983). Voyage lent – un mois de dérive à bord d'un véhicule aménagé pour la circonstance – mais aussi et peut-être surtout voyage d'émerveillement et de découverte, de liberté (née précisément de la contrainte) qui mêle acuité du regard, réflexion sur l'existence, l’espace et le temps, rêveries, travail d'écriture et de mise en scène du parcours rendus plus aiguisés par cette lenteur.
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Citations

Hambursin, O. (2010). Quand la lenteur du voyage mène à la profondeur . In Philippe Antoine (éd.) (ed.), Voyages contemporains (p. p. 83-93). Minard. https://hdl.handle.net/2078.5/179149