La littérature et les cours universitaires semblent peu aborder la question de la recherche recherche en milieu dangereux pourtant cruciale dans le cadre des recherches contemporaines. Pourtant, de plus en plus de chercheurs effectuent des recherches dans des environnements où ils exposent leur vie, celle des collaborateurs ainsi que celle des interviewés. Ils sont ainsi obligés d’inventer des manières de faire, de vivre et de survivre dans de tels environnements tout en s’assurant de faire aboutir leurs recherches. Menées dans ces environnements conflictuels, ces recherches ne sont pas toujours sans conséquences. La question à laquelle ce papier s’attelle est de savoir comment travailler sur des sujets sensibles dans son propre milieu sans se nuire, nuire à ses propres réseaux, à ses proches et à sa propre carrière. Je voudrais faire prévaloir l’idée selon laquelle la recherche est d’abord une question de responsabilité personnelle du chercheur et de capacité à prendre de bonnes décisions. En d’autres termes, même s’il reste nécessaire d’y recourir, aucun outil technique, aucune stratégie bureaucratique ne peut remplacer les capacités personnelles du chercheur à gérer les risques sur le terrain.
Mushagalusa Mudinga, E. (2016). Et après. Dilemme d’une recherche sensible chez soi. Une question de responsabilité. In Clémentine Goutron et Vincent Legrand (dir) (ed.), Eprouver l’alterité. Les défis de l’enquête de terrain (p. p. 239-259). Presses Universitaires de Louvain. https://hdl.handle.net/2078.5/40204