Tout au long de sa carrière académique et scientifique, Michel van de Kerchove a apporté à la pensé pénale des contributions majeures,essentielles et parfois radicales, n’hésitant pas à en bousculer les standards quand il dénonce le pouvoir mystificateur du langage ou interroge l’effectivité des normes juridiques. A travers ses innombrables travaux, il n’a cessé de rappeler l’importance d’une approche critique et interdisciplinaire du droit. Tel est dès lors l’esprit et le fil conducteur des deux journées organisées en l’honneur de celui qui fût, notamment, une cheville ouvrière de la revue Déviance et Société. La peine est un thème sur lequel Michel van de Kerchove a écrit les plus belles pages, mobilisant tour à tour les ressources du droit pénal et de la sociologie juridique, de la théorie générale et de la philosophie du droit. L’ambition de ces journées et de l’ouvrage qui en rendra compte est d’être un ouvrage de référence sur cette question. Ce sera l’occasion de nous mettre au travail sous son regard vigilant, ce qui est peut-être le plus bel hommage que nous puissions lui rendre. Lors d’une première journée, il s’agira d’interroger le sens, la fonction et les justifications de la peine à travers la littérature, la philosophie et la politique. La peine et les peines seront, ensuite, examinées au regard de l’exigence des droits fondamentaux garantis aujourd’hui dans les instruments universels et régionaux de protection des droits de l’homme. Nous nous dirigerons alors vers les scènes européenne et internationale où se situent déjà aujourd’hui et certainement encore plus à l’avenir le centre de gravité du droit pénal. Lors d’une seconde journée, nous aborderons les évolutions de la peine et de son exécution pour interroger l’inflation pénale, la victimisation et le contexte sécuritaire qui caractérisent le droit pénal contemporain. Enfin, en abordant certains contentieux et dispositifs périphériques à la peine, nous interrogerons le sens et les contours que prend aujourd’hui, et peut-être demain, le droit pénal.