La question du commencement est inévitable pour les lecteurs de l’idéalisme allemand, parce qu’elle s’impose moins comme un problème métaphysique que comme la forme de la pratique philosophique elle-même. Le philosophe est un commençant et il ne réalise son destin qu’en produisant ce geste libérateur du départ de la raison, l’Anfang. En parvenant à produire cet acte générique, il participe à l’événement central de toute existence en général, le seul qui exprime la Vie absolue dans le devenir temporel, à savoir la re-naissance, die Wiedergeburt. Renaître c’est trouver ce que la factualité de la naissance ne peut conférer d’emblée, même si elle en possède déjà formellement toutes les propriétés, mais sans être saisie par le concerné, par le sujet, encore objet en quelque sorte de la vie qui lui arrive.
Maesschalck, M. (2012). Surpuissance du commencement. Inconscient et surdétermination chez Schelling. In G. Jean (ed.), Derrière le commencement. Phénoménologie, métaphysique et théologie. (p. p. 7-23). Éditions universitaire européennes. https://hdl.handle.net/2078.5/158164