Il existe aujourd’hui des outils efficaces pour faire le diagnostic de cardiopathie ischémique. Il est aussi établi que l’existence d’une ischémie myocardique silencieuse confère un moins bon pronostic surtout si les lésions coronaires sont multiples et proximales. Cependant, le screening systématique de la maladie coronaire ne s’accompagne pas d’une réduction des évènements cardiovasculaires chez le patient diabétique. Les lignes de conduites sont d’ailleurs inconsistantes voire parfois contradictoires lorsqu’il s’agit de faire des recommandations sur le screening de la maladie coronaire dans cette population. Une des explications selon laquelle le screening n’impacte pas le pronostic du patient diabétique est que la prévalence du « patient diabétique asymptomatique porteur de lésions multiples et proximales » est faible et qu’il est donc nécessaire d’évaluer un très grand nombre de patients pour influencer le pronostic. Une autre explication vient peut-être du fait que le traitement proposé (la revascularisation myocardique par exemple) n’est peut-être pas assez efficace (ou plus efficace que le traitement médical optimal) pour prévenir les évènements. Enfin, une autre hypothèse consiste à penser que le traitement de revascularisation n’est pas proposé systématiquement ou n’est pas proposé aux patients qui en bénéficieraient le plus. Dans cette revue, nous reverrons brièvement la littérature qui concerne cette difficile question du screening de la maladie coronaire chez le patient diabétique et nous essayerons de dégager quelques recommandations.
Vancraeynest, D. (2013). 21e journée de cardiologie octobre 2013 : la maladie coronaire chez le diabétique: Qui depister? Louvain médical, 132(10), 736-739. https://hdl.handle.net/2078.5/195164 (Original work published 2013)