Dans un petit livre habité de Putti expérimentateurs, agissants dans un décor copié des Amorum emblemata de Otto Vaenius, le maître de Rubens, Grégoire de Saint Vincent (1584 – 1667) pose la question : Quand vous vous étonnez des statues qui se meuvent, sur quoi porte cette admiration ? et il répond : Pour moi, c’est que le poids qui conduit la statue se transporte lui-même. Il donne à sa manière une définition de l’automate. Ce petit livre contient les thèses de statique que Grégoire donne à défendre le 29 juillet 1624 au collège des jésuites de Louvain par deux de ses étudiants. Il y étudie le mouvement d’un corps sur un plan incliné. Pour cette étude, il fait appel aux théories d’Héron d’Alexandrie, que Grégoire attribue erronément à Pappus, sur la gauche de la vignette, d’une part et de Simon Stevin de l’autre. Ce dernier utilisait comme emblème une vignette reprenant l’expérience de pensée qui lui a permis de démontrer la loi donnant le poids apparent d’un corps sur un plan incliné, jointe à l’exclamation : merveille et ce n’est pas un miracle et que nous retrouvons reproduites à droite sur la vignette. La théorie personnelle de Grégoire étant représentée au centre, enseignée par le Putto.
Radelet-de Grave, P. (2013). Merveilles, machines et mécanique au XVIIe siècle, la relecture d’Héron d’Alexandrie par Grégoire de Saint-Vincent. In Textes réunis par Gaillard, Aurélia ; Goffi, Jean-Yves ; Roukhomovsky, Bernard ; Roux, Sophie (ed.), L’Automate, Modèle Métaphore Machine Merveille (p. p. 379-389). Presse universitaire de Bordeaux. https://hdl.handle.net/2078.5/206114