Evaluation de l’effet d’un dispositif cognitif et émotionnel sur les émotions, les stratégies de régulation émotionnelle et les performances en résolution de problèmes d’élèves de 9-12 ans.
A l’heure actuelle, le rôle des émotions dans les apprentissages et les performances scolaires n’est plus à démontrer. Les mathématiques et, particulièrement, certains contenus comme la résolution de problèmes, sont affectés par la dimension émotionnelle. Effectivement, non seulement les élèves y expérimentent des émotions négatives, mais il semblerait qu’ils éprouvent de la difficulté à réguler leurs émotions dans ce type de tâche. Ces constats ont conduit à une reconceptualisation de ce que requiert l’expertise en résolution de problèmes. Cette dernière embrasse non seulement des connaissances et compétences (méta)cognitives mais également émotionnelles. Cependant, ces connaissances et compétences émotionnelles ne s’acquièrent pas automatiquement, elles nécessitent un apprentissage. Ce dernier, pour être effectif, se doit d’être situé au sein d’une discipline scolaire. Malgré un large consensus au sein des chercheurs sur l’importance de combiner les dimensions cognitives et émotionnelles, à notre connaissance, il n’existe pas, d’intervention disciplinairement située qui vise le développement conjoint de connaissances et compétences (méta)cognitives et émotionnelles. Cette étude constitue une contribution en ce sens en ce qu’elle évalue, via un design qualitatif semi-expérimental, les effets d’une intervention cognitive et émotionnelle sur les émotions, stratégies de régulation émotionnelle et performances d’élèves de 9-12 ans. Trois conditions expérimentales ont été comparées (une intervention purement (méta)cognitive, une intervention purement émotionnelle et une intervention (méta)cognitive et émotionnelle combinée) avec une condition contrôle. Si, tant la condition « combinée » que la condition « cognition » apparaissent plus efficaces en termes d’utilisation correcte et flexible des stratégies cognitives enseignées, la première se distingue, à son avantage, des conditions « cognition » et « contrôle » en termes de fierté et d’ennui, en promouvant l’utilisation de stratégies de régulation émotionnelle fonctionnelles telles que le fait de relâcher son attention pendant quelques secondes ou de se convaincre de l’utilité de la tâche et, en décourageant le recours à des stratégies de régulation dysfonctionnelles telles que le fait d’éviter la tâche.
Hanin, V., & Van Nieuwenhoven, C. (2018). Evaluation de l’effet d’un dispositif cognitif et émotionnel sur les émotions, les stratégies de régulation émotionnelle et les performances en résolution de problèmes d’élèves de 9-12 ans. ADMEE, Esch-sur-Alzette, Luxembourg. https://hdl.handle.net/2078.5/23625