L'hypothèse initiale est que l'architecture possède une triple fonction physiologique, psychique et psychosociale, lorsqu'elle fournit une scène spatialisée et dynamique compensant la faiblesse originelle de l'espèce humaine, en opérant des médiations physiques et symboliques entre l'humain et l'environnement, lui-même et les autres. En science de l'esprit, des métaphores énactives promeuvent une approche de la cognition, à la fois incarnée et située, dans laquelle les connaissances émergent des couplages dynamiques entre corps et environnement, entre perception, intégration et action. Alors que les processus de conception architecturale étaient modélisés traditionnellement à partir de postures internalistes et/ou externalistes, la modélisation présentée les décrit en transposant le principe dynamique de la pensée énactée et en intégrant les conditions contingentes et ontologiques des médiations physiques et symboliques qu'elle régule. À travers la construction patiente du modèle, un programme de recherche émerge en architecture pour en définir les éléments, les relations et les processus qui s'y jouent. Le programme est encore peu défini méthodologiquement, il suscite une nécessaire analyse critique et il invite d'autres champs disciplinaires étudiant les modalités de l'action.
Claeys, D. (2026). Modélisation cognitive en conception architecturale instrumentée et collaborative. Entre mémoire et sensorimotricité. ModACT, 4, 1-13. https://doi.org/10.25518/3041-4687.669 (Original work published 2026)