(fr) Anne Bonnet, Berthe Dubail, Jane Graverol et Suzanne Van Damme sont peintres, les unes associées aux tendances abstraites, les autres au mouvement surréaliste. Elles sont, au sein de l’histoire de l’art canonique en Belgique, si pas invisibles et inconnues, du moins mal-visibles et mal-connues. Leurs carrières se déploient au milieu du XXe siècle, entre les « deux vagues » des féminismes, à une époque où les femmes en général, les artistes et femmes en particulier, ne semblent a priori pas se fédérer autour d’une identité de genre commune. Cette thèse interroge les conditions et stratégies mises en œuvre par ces artistes afin de déployer leur carrière au sein de milieux majoritairement masculins. Celles-ci diffèrent selon qu’elles évoluent au centre ou à la marge des mouvements passés à la postérité. Une étude biographique et historiographique critique croisée des quatre artistes, nourries par de nombreuses sources et archives inédites, invite à interroger les récits construits autour de leurs œuvres et de leurs carrières. En contrepoint aux récits hégémoniques caractérisés par l’exclusion des femmes en tant qu’actrices historiques, cette recherche porte une attention particulière aux réseaux et aux amitiés féminines.
Vancampenhoudt, L. (2026). Artistes et femmes en Belgique (1945-1970) : écriture de nouveaux récits. Anne Bonnet, Berthe Dubail, Jane Graverol et Suzanne Van Damme. https://hdl.handle.net/2078.5/277311