Malgré les progrès du traitement symptomatique, la mucoviscidose reste une maladie évolutive associée à une diminution de la durée de vie. La Belgique est l'un des rares pays où plus de la moitié de ceux qu'elle affecte sont aujourd'hui des adultes. La fertilité des patientes est presque normale. Le nombre de grossesses qu'elles mèneront ira croissant. Idéalement, leur prise en charge doit débuter bien avant la conception: recherche de mutations du gène chez le partenaire, conseil génétique, optimalisation de l'état de santé, information à jour et nuancée sur les risque encourus par la femme et le fœtus, revue détaillée des médications utilisées dont certaines peuvent être contre-indiquées chez la femme enceinte. Pour l'enfant, il existe un risque accru de prématurité et de faible poids de naissance. Un VEMS au départ inférieur à 50-60 % de la valeur prédite et un BMI inférieur à 20 restent associés à un risque maternel et fœtal distinctement plus élevé. Cependant bon nombre de telles patientes ont raisonnablement pu mener à bien leur projet. La vitesse de déclin du VEMS au cours des années précédentes est à prendre en compte. Globalement, il n'y a pas d'évidence qu'à moyen terme la grossesse en elle-même aggrave la maladie respiratoire mais c'est parfois le cas. Pour maintenir durant la grossesse le contrôle bactériologique et fonctionnel de l'atteinte pulmonaire, un bon état nutritionnel et une tolérance glucidique adéquate, une médicalisation accrue est le plus souvent nécessaire, y compris en termes d'hospitalisations. Un accouchement par voie basse est si possible privilégié. Le suivi optimal implique une collaboration étroite entre les intervenants d'un centre de référence pour la mucoviscidose et des obstétriciens familiers avec les grossesses à haut risque mais aussi avec les multiples complications spécifiques qui peuvent survenir chez ces patientes.