(fr) Les rapports qu’entretient la littérature avec le réel font l’objet de réflexions constantes et de préoccupations partagées tant par les auteurs que par la critique. L’écrivain et environnementaliste mexicain Homero Aridjis (1940) n’échappe pas à cette règle ; cependant, il a su se frayer une trajectoire personnelle et originale grâce à une esthétique particulière, que je qualifierai d’esthétique de l’envers. Celle-ci consiste à utiliser des artifices non réalistes (grotesques et néo-baroques, entre autres) afin d’élaborer une représentation du réel qui suscite un changement dans l’imaginaire du lecteur. La métaphore de l’« Éden subverti » désigne un monde où la préservation des milieux naturels, des espèces animales, de la diversité culturelle et de la mémoire collective est à la fois une préoccupation et une utopie. Ces questions se traduisent dans l’œuvre littéraire de l’auteur par la construction continuelle d’un espace de destruction : la lecture inversée de différents récits de la création (biblique, aztèque, gréco-latin) mène à une représentation catastrophique du temps et de l’espace et à une dilution de la subjectivité. Cette thèse analysera l’esthétique de Homero Aridjis dans sa double dimension d’inversion et de subversion.