Envisager la problématique des rites de la fin de vie représente un vaste chantier qui, de manière assez spontanée, renvoie à la dimension religieuse des rites, marqués que nous sommes encore par certains tableaux et récits où, le mourant ayant convoqué les siens, « reçoit les secours » de la religion. Sans négliger cette dimension particulière, c’est à une approche plus large du rite comme expérience anthropologique que nous aimerions nous arrêter. Nous partirons de quelques propos de Frédéric Worms dans un ouvrage récent où il traite, entre autre, des soins palliatifs : « Ce que la situation palliative révèle, c’est peut-être la signification de la mort ou « du mourir », non pas tant en eux-mêmes que comme épreuve pour le soin, épreuve à la fois sociale et vitale, qui révèlerait la priorité du soin non seulement dans notre société, mais dans notre vie. » Tels sont, à nos yeux, de grands enjeux pour penser les rites : renvoyant certes à la réalité du mourir, ils ont à s’inscrire dans la signification individuelle et collective de l’existence soutenue par l’acte de soin pensé comme épreuve.
Jacquemin, D. (2012). Des rites pour vivre en fin de vie: enjeux pour le soin et les soins palliatifs. Cahiers francophones de soins palliatifs. https://hdl.handle.net/2078.5/208249